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rédacteur
Sid-Lamine Salouka
publié le
29/01/2013
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Projet "Il faut sauver le ciné Guimbi"
Président de l'Assemblée Nationale burkinabée, Soungalo Ouattara offre son parrainage
La 23ème édition du Fespaco s'ouvrira en fin février sur la problématique toujours actuelle de la fermeture des salles au Burkina Faso et en Afrique. À Bobo-Dioulasso, l'Association de Soutien au Cinéma au Burkina Faso veut relever le défi de rouvrir une ancienne salle, le ciné Guimbi. Elle vient d'obtenir un soutien de taille : le parrainage du Président de l'Assemblée Nationale de la République du Burkina Faso, Mr. Soungalo Ouattara.

Dans la ville de Bobo-Dioulasso, il n'existe plus de salle vraiment dédiée au cinéma depuis 2005. En effet, les salles du centre-ville que furent le Ciné Houet et le Ciné Sya ont été vendues à des opérateurs économiques qui les ont transformées en magasins. Salle privée du quartier Saint-Etienne, Ciné Souroukou est devenu un temple évangélique. Seule salle couverte et climatisée de la ville et rachetée par la Caisse nationale de sécurité sociale, le Ciné Sanyon est devenu une simple salle polyvalente. Dénuée d'équipements de projection et de sonorisation, elle est louée à qui la veut, pour la forte somme de 250 000F par jour. De la sorte, les films qu'on peut y voir sont des lucioles programmées par des sociétés de production ou de diffusion venant dans la ville de façon épisodique, au gré de sorties quasiment aléatoires.

Cas particulier cependant : dans le quartier Koko, se dressent les vestiges du ciné Guimbi, vaste cour entourée de hauts murs. Délestée de ses bancs de ciment mais ayant encore sa cabine de projection sans toit qui bâille aux cornettes, le Guimbi est le seul cinéma qui n'a pas encore été transformé en magasin ou en église.

Face à cette mort programmée de la diffusion du cinéma en salle dans la ville de Sya, l'association de Soutien du Cinéma au Burkina Faso entreprend de rechercher les moyens pour rouvrir et mettre en exploitation la salle du ciné Guimbi.

Le ciné Guimbi a été ouvert en 1956. Cette salle éminemment populaire est un élément du patrimoine de la ville de Bobo-Dioulasso. Elle a contribué à la distraction et à l'ouverture au monde de générations de Bobolais qui sont nostalgiques à son évocation. L'histoire retiendra que Gaston Kaboré, l'un des monstres sacrés du cinéma burkinabè, a passé une partie de son enfance dans la cour contiguë à la salle. Ardiouma Soma, le directeur de la Cinématographie nationale se rappelle y avoir vu un film, la veille du début de son bac…

Présidée par le réalisateur Berni Golblat (promoteur des Films du Djabajah et co-fondateur de Cinomade, une structure active dans le cinéma de sensibilisation sur les problèmes de santé), l'association de soutien du cinéma au Burkina Faso est présentement en pleine opération de levée de fonds. Son objectif est de construire sur le site du ciné Guimbi deux salles couvertes (de 462 et de 156 places) disposant d'une administration, d'une cafétéria et, surtout, d'équipements audiovisuels modernes. La programmation du nouveau ciné Guimbi privilégiera les cinématographies d'Afrique et du monde dans une dynamique d'ouverture à toutes les esthétiques.

Des projets éducatifs en direction des jeunes et de certaines couches sociales (les femmes et les handicapés notamment), sont envisagés. Enfin, il est prévu l'organisation d'un festival cinématographique annuel qui renforcera l'offre artistique et touristique de la ville. En définitive, plus qu'un simple cinéma, le Ciné Guimbi devra être un centre culturel à la fois ouvert à la vie culturelle foisonnante de Bobo-Dioulasso et intégré à l'économie de la seconde ville du Burkina.

Pour cela, des actions de recherche de partenaires au Burkina Faso et dans le monde sont mises en œuvre depuis le mois de juillet 2012.
Un site web (www.cineguimbi.foliokit.com) a été lancé en septembre à cet effet. Dans le même élan, l'adhésion de monsieur Soungalo Ouattara, qui a accepté d'être le parrain du projet, constitue une caution morale de premier choix. En rencontrant les promoteurs d'Il faut sauver le ciné Guimbi à son domicile le 6 janvier, le nouveau président de l'assemblée nationale leur a prodigué ses conseils et encouragements.

Il a en outre précisé que, dans un contexte national où la décentralisation est une réalité politique avérée, les initiatives locales portées par la société civile doivent être impérativement soutenues par les pouvoirs publics afin qu'elles puissent davantage s'enraciner dans le terroir et servir de points d'encrage pour d'autres actions de développement autocentré. Que peut-on dire de plus, si on sait que le thème du prochain Fespaco est "Cinéma et politiques publiques en Afrique" ?

À l'orée de cette 23ème édition du Fespaco, le besoin de réouvrir une salle est en prises avec de la problématique des cinémas africains (et même mondiaux) qui sont en butte à des questions nouvelles, venues notamment des TIC. Grâce aux opérations de promotion qu'ils entreprendront durant cette grand-messe, les promoteurs du projet Guimbi espèrent rencontrer l'adhésion des cinéphiles d'ici et d'ailleurs, afin que soit préservé un patrimoine important de la capitale culturelle du Burkina Faso et du monde.

Sid-Lamine SALOUKA
sidsalouka@yahoo.fr)

Article paru dans LE FASO (Ouagadougou), www.lefaso.net/spip.php?article52418

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