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rédacteur
Fatou Kiné Sène
publié le
08/04/2015
» films, artistes, structures ou Ă©vĂ©nements liĂ©s Ă  cet entretien
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"Notre souci est de voir les projets qui seront menés à terme"
Mots croisés avec… Baba Diop, Porte Parole du Comité de Gestion du Fonds de Promotion de l'Industrie Cinématographique et Audiovisuelle (Fopica)
Le critique et journaliste Baba Diop, membre du comité de gestion et porte parole de ladite structure revient sur le travail abattu depuis deux ans par le Comité de gestion du FOPICA. Les critères de choix (après le travail des 3 comités de lecture), les gages de garantie et surtout les faiblesses relevés dans ces dossiers sont relevés.

Qu'est-ce qui a prédominé dans le choix de ces 31 projets de films sur les 76 éligibles ?

Baba DIOP :
Les comités de lecture s'intéressaient eux à l'histoire et sur cette base, ils ont fait leur choix. Nous, puisqu'on est un comité de gestion, nous devons distribuer des sources de financements, nous étions regardant sur la faisabilité du projet et sur le budget. Est-ce que le budget est conforme au scénario. Nous avons remarqué qu'il y avait des budgets très gonflés. Nous avons vérifié si la maison de production peut efficacement porter le projet et aussi le potentiel du réalisateur. Il faut aussi respecter la clause qui impose aux bénéficiaires du Fopica de dépenser 75 % des fonds au Sénégal. Quand on regarde par exemple les techniciens devant intervenir dans le film, s'il n'y a pas de Sénégalais, ça pose problème. Car on ne peut pas donner de l'argent pour qu'il soit dépensé ailleurs.
Il y a eu d'autres critères mis en avant. Ce sont des sommes de critères qui nous garantissent qu'une fois le financement acquis, le film sera mené à bon terme. Exemple, si vous avez un projet qui demande une somme consistante alors que vous n'avez pas de coproducteur, ni un apport personnel. Ou bien quand l'investissement se limite à un peu de matériel ou un salaire cédé (qui ne sera pas payé), cela fait tilt. Une production sérieuse doit avoir un fonds d'abord et aller chercher le complément ensuite. Si vous avez un budget énorme sans moyens, on se dit : "une fois réalisé où le film va être distribué ?" Cela pose problème. Hors, il faut être concret. Je veux dire, si des projets ne se font pas, cela pénalise les gens, car l'argent peut être repris par l'Etat. Notre souci était de voir les projets dont on est à peu près sûr - on n'est sûr de rien - qu'ils seront menés à terme.

Comment le savoir ?

Soit parce qu'ils ont des coproductions, soit les garantis apportées par la société sont fiables. Son apport, plus ce qu'on lui donne doit représenter à peu près 40%. Les réalisateurs étaient habitués à des financements à fonds perdus. Nous avons dit non, l'État ne peut plus se permettre de distribuer de l'argent gratuitement, il faut qu'il ait un retour sur investissement.
C'est pourquoi nous nous sommes dits, il faut que le projet ait un public, c'est-à-dire une zone de diffusion. Par exemple, il y a dans les séries télévisuelles, un projet présenté par un Ivoirien mais en coproduction avec une société du Sénégal (c'est la série télé Dibi Dibi à Dakar de l'auteur Honoré Essoh, produit par Taf production Afrique qui a reçu trente millions de francs Cfa). Ce projet bénéficie à deux États. Le film Le Rêve de Latricia du réalisateur sénégalais Ben Diogaye Bèye qui a obtenu cent millions de francs Cfa (l'avance sur recette la plus importante du Fopica 2014) laisse une porte ouverte à une coproduction avec des indépendants ou avec des Américains pressentis. C'est important sachant que si ce long métrage est réalisé, il sera vu aussi bien aux Usa et en Afrique. C'est un bon point pour le Sénégal.

Y-a-t-il des gages pour s'assurer que les fonds accordés seront utilisés pour le projet retenu ? Car dans le passé, l'État donnait de l'argent sans se soucier de la suite.

Pour ce que j'en sais, avant l'État donnait la globalité de la somme accordée. Il disait, on t'accorde tel montant et te verse la totalité de l'argent. Mais là non, ce n'est plus le cas. À la signature du contrat, supposons pour le projet de Ben Diogaye Bèye, il a cent millions Cfa, on ne va pas lui remettre les cent millions à la signature. Il lui sera remis le tiers à la signature, pour préparer le film. Après s'il veut avoir la deuxième tranche, il justifie l'argent reçu. S'il ne le fait pas, il n'aura rien. Maintenant, s'il justifie, il aura la deuxième tranche pour tourner son film par exemple.
Une fois le tournage terminé, s'il donne les papiers prouvant qu'il a dépensé la deuxième tranche, on peut lui donner de quoi faire sa postproduction s'il en a besoin. Il y a pas mal de verrous aujourd'hui, ce n'est plus comme avant où on te donne l'argent et tu fais le film comme bon te semble sans rendre compte. Nous avons voulu asseoir une véritable industrie cinématographique, faire en sorte que l'argent du cinéma retourne au cinéma. C'est l'esprit qui anime ce fonds.

En tant que critique de cinéma, avez-vous relevé des faiblesses à rectifier ?

Il y a deux choses que nous devons résoudre. D'abord l'écriture de scénario. Nous avons vu qu'il avait de belles histoires mais pas bien ficelées du point de vue de l'écriture, ou encore c'est une présentation à l'ancienne. Il faut bien veiller à cet aspect, car ces projets ne sont pas seulement destinés au Sénégal, ces porteurs peuvent bien aller dans d'autres guichets. Si nous sommes laxistes dans la présentation, cela ne rassure pas les autres. Nous sommes regardants sur la présentation d'un scénario, sur le budget du film, le bilan. Ceci pour que si ailleurs on regarde ton budget, ils disent Ok. Et non en voyant le budget mal fait, qu'ils se posent des questions. Est-ce que cela peut rassurer ?
Il faut renforcer l'écriture de scénario, c'est une des faiblesses des jeunes, ils ont beaucoup de volonté, des histoires à raconter, mais comment raconter cette histoire au cinéma ? Il y a des règles, une grammaire, une forme d'écriture à respecter.

La deuxième chose, c'est la gestion sur l'économie du cinéma. Un financement se fait avec le projet. Les maisons de production n'ont pas tous les rouages pour établir un budget fiable, c'est pourquoi nous avions des budgets sous estimés au regard du film, d'autres surévalués. Parce que quand tu vois un film qui n'a pas de cascades, ni d'effets spéciaux et que tu demandes six cents millions, on regarde, on se dit qu'il y a quelque chose qui cloche. Ou par exemple la musique mise dans la rubrique du financement…
Il faut qu'on appuie les maisons de production à bien évaluer et présenter leurs projets comptables pour qu'ils soient bancables. On ne peut pas garantir le succès d'un film, mais on peut lui donner les chances de réussir.

Seules Dakar (70 projets), Thiès, Saint-Louis (3 projets chacun), Rufisque, Louga (2 projets chacun), Fatick (1projet) ont participé à ce premier appel à candidature du Fopica. Comment faire pour que toutes les régions y concourent ?

Il y a déjà des indications. Si la totalité venait de Dakar, cela aurait été plus inquiétant. Il est vrai que si l'on est prêt des sources d'information, on en profite par rapport à ceux qui sont éloignés. C'est aussi valable en France, aux Usa, partout ailleurs. Car dans les régions, on a difficilement accès à l'information. Mais il y a eu des tournées dans les régions, on a beaucoup informé à travers les centres culturels régionaux. Il y a là l'émergence d'un cinéma régional, c'est cela qui fait la force du 7e art. Car il y a multiplicité d'histoires, de regards.
Aujourd'hui, ce cinéma régional se pointe et j'espère que la direction de la cinématographie fera le nécessaire pour faire en sorte que ces régions bénéficient d'atelier d'écriture de scénario, à la gestion d'une maison de production et qu'on puisse au prochain appel avoir des projets venant de toutes les régions. Pour le moment, on a quatre régions. Dans le passé on a eu un cinéma dakarois. Heureusement qu'aujourd'hui, il y a un cinéma du Fouta, de la Casamance. Ces projets financés permettront à Saint-Louis, Fatick, Louga d'avoir leur cinéma. Pourquoi c'est important, parce que le cinéma est allié au tourisme. Un film vend beaucoup de choses, un paysage et forcément ces régions y gagneront. Maintenant avec l'Acte 3 de la décentralisation, il faut que les maires soient conscients que le cinéma n'est pas du simple divertissement, mais une visibilité que l'on donne à sa commune, du travail que l'on crée pour ces concitoyens. A l'exemple de la mairie de Dakar qui avait pris les devants avant même l'Etat (avec un fonds de soutien, ndlr).

Propos recueillis par Fatou Kiné SENE

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Diop Baba


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