actuellement 18168 films recensés, 3168 textes recherche | » english  
films réalisateurs acteurs producteurs distributeurs festivals agenda pays espace personnel  
  critiques»
  dossiers»
  analyses»
  entretiens»
  comptes rendus de festivals»
  reportages»
  documents»
  ateliers»
  Zooms»
  rédacteurs»
  écrans d'afrique»
  Asaru»
  lettre d'info
  inscription»
  desinscription»
  archives »
  liens»
  dépêches »
  nouvelles de
la fédération»
  la fédération»
  contacts»
  partenaires»
  accueil»




 
    
rédacteur
Bassirou Niang
publié le
14/09/2016
films, artistes, structures ou événements liés à cette critique
les commentaires liés à cette critique



Bassirou Niang (Africiné Magazine)


Samba Gadjigo, coréalisateur sénégalais


Jason Silverman, coréalisateur américain


Feu Ousmane Sembène, réalisateur et écrivain
















Danny Glover, acteur et producteur américain


Gordon Parks, photographe et premier cinéaste noir hollywoodien


Angela Davis, écrivaine et universitaire américaine


Skipe Lee, cinéaste et producteur américain


Wole Soyinka, écrivain et universitaire nigérian


Boubacar Boris Diop, écrivain sénégalais


Le sociologue et historien américain William E. B. Du Bois et Ousmane Sembène


Sembène et Orson Welles, réalisateur et acteur américain

retour
 
Sembène!, de Samba Gadjigo et Jason Silverman
Un chuchotement à la mémoire…

C'est un chuchotement à la mémoire d'Ousmane Sembène que laisse entendre ce film documentaire sur un homme au parcours cinématographique absolument remarquable, à l'engagement conséquent, au courage jamais entamé face aux circonstances. Sembène ! peut être considéré comme un film qui ouvre les pages nouvelles d'une conscience africaine dans un regard en miroir porté par le "Ceddo" (le "rebelle", en langue wolove).


Rebelle jusqu'à la lie ! Ainsi oserions-nous qualifier Sembène après avoir vu le film, portant le même nom, produit par Samba Gadjigo et Jason Silverman. 1000 heures de rush et 50 interviews auront permis aux deux collaborateurs de tirer quelque chose d'instructif pour mettre debout une mémoire cinématographico-littéraire qui revisite le Temps tout en se laissant revisiter par le Temps. Dans ce film tout est Sembène et tout y est Sembène à la fois. Ressemblant à une biographie à la démarche autre, les images du cinéaste sont un puzzle charriant l'enfance, l'exil économique à Marseille, la re-naissance sortie de l'accouplement de la vie de docker aux connaissances glanées dans les livres de la bibliothèque des syndicalistes, une philosophie individuelle, un héritage en lutte contre l'oubli.






La scène d'ouverture informe généreusement sur une enfance heureuse faite naturellement d'insouciance chez un homme qui rêvait à 14 ans d'être Français mais qui trop vite, suite aux récits merveilleux d'un artiste de sa contrée, rencontra trop tôt, à 17 ans, son identité véritable au point de vouloir devenir Africain. Dans un commentaire de Samba Gadjigo, Sembène nous est raconté à travers les images de ses films dans une démarche chronologique informant de l'évolution graduelle de l'homme. De ses premiers pas dans le creuset culturel de la société des indépendances se dessine l'engagement au bout d'une immersion dans l'univers des livres et des mots dont le prolongement se révéla en une posture derrière la caméra et parfois devant elle. L'exil sera pour lui comme "un coup de poing sur le crâne" pour prendre le mot de Kafka ; lequel sonna son "réveil politique", à entendre Samba Gadjigo. "J'ai un travail que j'aime et que personne ne m'a demandé de faire", confie Sembène, conscient de la nécessité de faire des films africains pour les africains. "Si les Africains ne racontent pas leur propre histoire, l'Afrique va bientôt disparaître", s'alarmait-il. Borom Sarett et Le Mandat achèveront de convaincre qu'un nouveau soleil venait de briller sur le cinéma africain. Un temps nouveau portant la cause d'un homme qui a su, selon Gadjigo, "humaniser les Noirs" dans sa façon de filmer. Au contraire, il faut le rappeler, de certains films socio-anthropologiques - comme Moi, un noir de Jean Rouch - qui, dans les postures intentionnelles de caméra, faisaient le l'homme noir un animal dénué de toute once d'humanité.

Le film fonctionnera comme le défilement de tableaux où apparait un Sembène rebelle, un Sembène au franc-parler qui déroute, un Sembène qui n'abandonne jamais, un Sembène capable de tirer un trait, à travers la satire et la moquerie (Ceddo), sur la religion non sans manquer de débusquer l'hypocrisie de ses semblables, surtout quand ils sont appelés "politiciens" (Xala). "Mon franc-parler, c'est ma liberté. Ce n'est pas un défaut", aimait-il à marteler.

La photographie mémorielle aidera aussi à mesurer la dimension de l'homme à travers le témoignage de cet album où l'on retrouve Sembène Ousmane en compagnie de Danny Glover, Gordon Parks, Angela Davis, Spike Lee, Wole Soyinka etc. Tout comme les témoignages de Nafi Ndoye, sa femme de ménage, de Boubacar Boris Diop, écrivain, de Manthia Diawara, Directeur de l'Institut d'Etudes africaines à la New York University, critique de cinéma, de son fils aîné Alain Sembène, fourniront des preuves des facettes multiples du cinéaste.
Perçu comme "un miroir pour l'Afrique", le film reviendra sur les peines de "l'aîné des anciens" (interdiction de Ceddo au Sénégal par Senghor, interdiction de Camp de Thiaroye par la France jusqu'en 1998 quand bien même ce film aura obtenu cinq prix au Festival de Venise lors de la première sortie internationale) et les succès cinématographiques dont l'un des plus retentissants fut obtenu avec son dernier long-métrage Moolaadé.

Seulement, parmi les images peuplées de ce film, un tremblement de la conscience nous prend quant à l'état de délabrement des archives de Sembène, abandonnées aux ravages du temps pendant des années dans sa villa qui fait face à la mer. On risque de frémir de peur à leur vue et de se demander ce qu'il en sera de nos icônes que l'indifférence des autorités risque de voir s'affaisser.
Samba Gadjigo au bout du compte, va devenir certainement le gardien du temple, de cette mémoire que bien des nations étrangères vénèrent en l'élevant à la dignité de héros.
Peut-être qu'à la fin, il faut mettre des pointillés puisqu'on ne peut finir de parler de Sembène décrit par Boubacar Boris Diop comme "quelqu'un infiniment plus fort que son propre destin".
Rappelons que ce documentaire de 84 mn, réalisé en 2015, a reçu plusieurs distinctions : Prix de la critique au festival de Luxor, Egypte; Prix du meilleur documentaire, festival de Maine, USA; Prix Paul Robeson, Newark Black Film festival, New Jersey, USA.

Bassirou NIANG
Dakar - SENEGAL

haut de page


   liens films

Sembene! 2015
Samba Gadjigo, Jason Silverman


   liens artistes

Davis Angela


Diawara Manthia


Diop Boubacar Boris


Du Bois William Edward Burghardt


Gadjigo Samba


Glover Danny


Lee Spike


Parks Gordon


Sembène Alain


Sembène Ousmane


Silverman Jason


Soyinka Wole


   vnements

22/01/2015 > 01/02/2015
festival |États-Unis |
Sundance Film Festival 2015
Les films SEMBENE (Samba Gadjigo / Jason Silverman) et THINGS OF THE AIMLESS WANDERER (Kivu Ruhorahoza), en sélection.

13/05/2015 > 24/05/2015
festival |France |
Festival de Cannes 2015
68e édition.

19/06/2015
cycle de cinéma |Sénégal |
WARC Film Screening: Sembène!
African Premiere. A documentary by Samba Gadjigo and Jason Silverman. Professor Samba Gadjigo and the renowned Dr Alioune Tine will be in person.

16/07/2015 > 26/07/2015
festival |Afrique du Sud |
Durban International Film Festival (DIFF) 2015
36ème édition

11/03/2016 > 26/03/2016
festival |Belgique |
Afrika Filmfestival 2016
21ème édition.

17/03/2016 > 23/03/2016
festival |Égypte |
Luxor African Film Festival - LAFF 2016
5ème édition

24/06/2016
cycle de cinéma |Sénégal |
Projection-débat: Sembène! au WARC
Film Director Samba Gadjigo and the acclaimed writer Baba Diop will be in person. Un film de Samba Gadjigo et Jason Silverman.

25/06/2016
cycle de cinéma |Sénégal |
Projection-débat: Sembène! à la Place du Souvenir
Un film de de Samba Gadjigo et Jason Silverman. Professor Samba Gadjigo and the renowned Professor Magueye KASSÉ will be in person.

15/09/2016 > 24/09/2016
festival |Allemagne |
Festival de cinéma africain de Cologne 2016 (14. Afrika Film Festival Köln)
14ème édition. Thème : Sisters in African Cinema

06/10/2016 > 01/12/2016
cycle de cinéma |Royaume-Uni |
Rebel With a Camera: The Cinema of Ousmane Sembène
Dans plusieurs salles de différentes villes du Royaume-Uni : Londres, Sheffield, Inverness, Edinburgh, Manchester, Leeds, Nottingham, Dundee, Cardiff, Keswick, Birmingham

07/09/2017 > 26/10/2017
festival |États-Unis |
The Ousmane Sembène Film Festival: Forty Years of African Post-Colonial Filmmaking
Festival is free and open to the public. A brief faculty-led discussion will follow each screening.

   liens structures

Association Sénégalaise de la Critique Cinématographique (ASCC)
Sénégal | DAKAR

Film Sales Company (The)
États-Unis | NEW YORK

Galle Ceddo Projects
États-Unis | Santa Fe

West African Research Center (WARC)
Sénégal | Dakar

haut de page



   vos commentaires
vos commentaires sur cette critique :
   
 
  ajouter un commentaire
   

haut de page

 

 

 

 

?>