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rédacteur
Michel Amarger
publié le
04/12/2016
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Michel Amarger (magazine Africiné)


Viviane Candas, réalisatrice


Yves Mathieu (23 juillet 1924 - 16 mai 1966)


Algérie du possible


Algérie du possible


Algérie du possible


Algérie du possible


Algérie du possible


Algérie du possible


Image de Algérie du possible


Image de Algérie du possible


Image de Algérie du possible


Image de Algérie du possible


Gisèle Mathieu et ses deux filles (Joëlle et Viviane)


Image de Algérie du possible


La main rouge (image d'Algérie du possible)




Sonia Amori dans Le Voile brûlé, 2012




Viviane Candas, réalisatrice


Les Films de l'Atalante


Seconde Vague Productions


Lumières d'Afrique 2016 (Besançon)


Rencontres Internationales des Cinémas Arabes 2016


Maghreb des films 2016


Africiné Magazine, the World Leader (African & Diaspora Films)

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Algérie du possible - La Révolution d'Yves Mathieu
Combler les manques et l'Histoire algérienne
LM Documentaire de Viviane Candas, France, 2015
Sortie France : 7 décembre 2016


Il y a des quêtes personnelles, ardentes comme des exorcismes, qui éclairent à travers elles des zones oubliées de l'Histoire. C'est le cas de Viviane Candas avec Algérie du possible - La révolution d'Yves Mathieu, 2016, qui ravive les souvenirs de l'après indépendance. Une plongée édifiante, motivée par le désir de faire revivre la figure d'un père trop tôt disparu. Car c'est la mort d'Yves Mathieu, le 16 mai 1966, causée par un étrange accident d'auto, qui sert d'axe à l'introspection proposée par Viviane Candas. Née à Paris, élevée à Grenoble jusqu'à 9 ans, la réalisatrice rejoint ses parents en Algérie en 1963, témoin de leurs occupations prenantes jusqu'au décès du père. La perte est brutale, provocant un manque et des questions que la cinéaste entreprend de dépasser à partir de 2009, après la mort de sa mère, en engageant Algérie du possible.






Le film s'égrène à partir de la route du troublant accident. De Constantine à Skikda, en passant par Alger, les images d'aujourd'hui dialoguent avec celles d'hier. Des photos de Daniel Leterrier qui a travaillé pour la presse algérienne, de 1963 à 1965, documentent l'époque. Son esprit revit avec les témoignages d'acteurs clés de la révolution, recueillis à partir de 2009. Autour d'Ahmed Ben Bella et Jacques Vergès, décédés depuis, Ali Haroun, Annette Roger-Beaumanoir, Henri Coupon, Jean-Marie Boëglin évoquent la figure du père, du militant mort sur la route. Ils brossent en demi-teinte, le portait d'un homme résolu, porteur d'un idéal peu à peu battu en brèche par les orientations du régime algérien.

Yves Mathieu, né en 1924, est un des combattants de la France Libre qui entreprend de lutter contre le colonialisme. Il adhère au Parti Communiste (PC), milite au Rassemblement Démocratique Africain (RDA), soutient le FLN (Front de Libération Nationale, Algérie) à partir de 1957, ce qui lui vaut d'être exclu du PC avec son épouse, Gisèle Mathieu (avocate). Yves Mathieu s'affirme comme avocat aux cotés de ses collègues, Henri Coupon, Jaques Vergès, en défendant les accusés algériens. Après 1962, il travaille pour le nouveau gouvernement en gérant l'organisation des "biens vacants", laissés par les Pieds-Noirs. Cet élan pour établir un socialisme actif, s'inscrit dans une époque où l'Algérie fait figure de pays phare, recevant avec éclat Che Guevara (Cuba) comme le président Gamal Abdel Nasser (Égypte).

Le coup d'état mené par Houari Boumédiène, le 19 juin 1965, annonce un tournant pour organiser le pays d'une manière directive et bureaucratique. Yves Mathieu qui a des relations avec des acteurs majeurs de la révolution comme Chérif Belkacem, a pu être déçu et le pouvoir de Boumédiène a pu s'en inquiéter. Le camion militaire qui percute sa voiture, à proximité d'une ambulance déjà sur place, interrompt sa trajectoire en faisant naître des questions que le film pose sans prétendre résoudre. "J'ai vraiment fait le deuil de cette vérité dans un très grand amour de l'Algérie et des Algériens", confie la réalisatrice.

Algérie du possible déroule le fil de l'accident pour reconsidérer peu à peu l'image du père absent, du militant combatif, avec une émotion contenue. Viviane Candas enrichit son enquête par les témoignages, les photos à sa disposition, un bout de film Super 8 tourné par un cousin de son père, comblant par l'artifice de la mise en scène, des scènes aux traces évaporées. Le montage des 30 heures de rushes, coordonné avec Claudine Dumoulin pendant un an, revient en boucle sur la route de Constantine à Skikda où a eu lieu l'accident. "C'est la récurrence, en spirale, de l'obsession", relève la réalisatrice, soucieuse de dépasser le manque pour pénétrer l'esprit d'une époque révélatrice.

Son ton mesuré sert de conducteur au récit. Avec ses images lumineuses de l'Algérie, le lyrisme qui affleure et le charisme de ses protagonistes, Viviane Candas paraît surligner l'identité algérienne de Yves Mathieu. Cette nationalité qu'il n'a obtenue qu'après sa mort, en 1967, est l'indice de sa contribution à la construction de l'État algérien. En réhabilitant l'image du père disparu, d'une filiation, la cinéaste fait œuvre de mémoire, transmettant une vision pénétrante de l'Histoire algérienne, de 1962 à 1965. Une époque où Ben Bella tente l'autogestion, mobilisant le pays, dans un contexte de panafricanisme exacerbé.

Parallèlement le film rappelle la démarche d'anciens combattants de la France Libre, résolument anticolonialistes, qui ont participé aux indépendances. "Le film touche ainsi à plusieurs refoulements historiques", commente Viviane Candas qui a mené en franc-tireur sa production. Révélée par Suzanne, 2007, fiction sur le désir d'un vieillard, elle se tourne vers le sud pour Le voile brûlé, 2013, qui oppose un frère conservateur à sa sœur. Avec Algérie du possible, elle allie l'intime et le social, le passé et le présent, l'histoire française et celle de l'Algérie, en assurant : "La mémoire est révolutionnaire. C'est elle, si on l'expose, qui peut fournir les utopies qui manquent tant à notre époque."

Vu par Michel AMARGER
(Afrimages / Médias France),
pour Africiné Magazine

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   liens films

Algérie du possible 2015
Viviane Candas


   liens artistes

Boëglin Jean-Marie


Candas Viviane


Guimet Anne


Medjkane Nasser


Mendez Denise


Nouyrigat Marc


   vnements

23/04/2013
projection |France |
Voile brûlé (Le), de Viviane Candas, avec Sonia Amori
Une soirée débat aura lieu après la projection du film. à 20h45.

05/11/2016 > 13/11/2016
festival |France |
Lumières d'Afrique 2016 (Besançon)
16° édition du festival des cinémas d'Afrique de Besançon.

16/11/2016 > 16/12/2016
festival |France |
Maghreb des Films 2016
8ème édition. Une plongée dans le meilleur du cinéma Maghrébin

30/11/2016 > 04/12/2016
festival |France |
Rencontres Internationales des Cinémas Arabes 2016
4ème édition.

   liens structures

Afrimages
France

Djinn Production [Alger]
Algérie | ALGER

Films de l'Atalante (Les)
France | Paris

Films de l'Atlantide (Les)
France | PARIS

Seconde Vague Productions
France

Terra Trema Production
France | Charenton le pont

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