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rédacteur
Tarek Ben Chaabane
publié le
20/12/2016
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Tarek Ben Chaabane (Africiné Magazine)


Moussa Touré, réalisateur sénégalais


Scène du film (Yanka et Toriki, les deux amoureux vendus séparément)


Scène du film


Scène du film


Scène du film


Scène du film


Scène du film


Scène du film, avec le Roi (Cheikhou "Sanekh" Guèye)


Scène du film


Scène du film


Scène du film


Scène du film












Africiné Magazine, the World Leader (African & Diaspora Films)

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Bois d'Ébène, de Moussa Touré
Un film maîtrisé et utile…


On n'en dira jamais assez sur cette sombre période de notre histoire où des femmes et des hommes furent réduits par des prétendus civilisateurs à l'esclavage.
On n'en dira jamais assez parce que la barbarie qui pousse à spolier à l'autre son humanité en arguant d'une supériorité qui va chercher sa légitimation dans l'idéologie politique, le dogme religieux ou de vagues considérations "scientifiques", n'a pas fini de marquer du sceau de la souffrance notre actualité.
C'est en le considérant comme une allégorie du présent que Bois d'Ébène de Moussa Touré trouve toute sa signification.
Car ce qui s'est passé au début du 19ème siècle se poursuit aujourd'hui sous différentes formes. Il faut juste se risquer à bien ouvrir les yeux. Déplacements de populations, exactions et spoliations font le gros des titres de l'actualité… On en est même revenus à ce commerce de la honte puisqu'aujourd'hui même des femmes, faites prisonnières, sont vendues au plus offrant sur les places de marchés !






Le docu-fiction de Touré sonne, dans ce sens, comme un cinglant rappel à l'ordre. Les lois, les avancées en termes de juridiction, l'universalité de certains principes risquent à tout moment de céder devant l'avidité et la violence des hommes…

Bien mené tant au niveau du récit que de la mise en scène, qui balance avec fluidité entre deux régimes narratifs, l'intrigue du film, minimale, prend pour fil conducteur l'histoire d'un amour fou et d'une rébellion non moins "déraisonnable". Et qui se termine par un drame où résonnent les vies saccagées de 12 millions d'hommes, de femmes et d'enfants vendus comme esclaves et victimes du commerce triangulaire qui lie la France aux côtes africaines et à l'Amérique (les Antilles). Ce minimalisme n'en rend pas moins ces personnages attachants, malgré leur exemplarité, serions-nous tentés de dire.
Ce traitement filmique qui ne s'appesantit pas et évite ainsi les clichés simplificateurs ennemis de toute mise à distance critique, tient à notre avis à un choix judicieux : multiplier les points de vues et filmer avec la même lucidité bourreaux et victimes. Le spectateur ne tardera pas à prendre parti. Il s'agit ici, essentiellement, d'une affaire d'éthique qui évite la prise en main idéologique ou affective. Et Dieu sait si le sujet s'y prêtait !
Voix-off et dialogues croisent récits d'esclaves, carnets de bord de capitaines, lettres d'armateurs et témoignages d'abolitionnistes. Les événements du film sont situés pendant une période de l'histoire, entre restauration et abolition, où l'ordre ancien est en passe de vaciller mais où le nouveau peine à s'imposer. Situation qui exacerbe les enjeux et redouble la violence.

Le film échappe aux deux écueils qui guettent tout documentaire historique. Le premier est le didactisme. Le second est la sensiblerie. Avec Bois d'Ébène, Moussa Touré ne fait pas dans le pathos. Il parvient aussi à éviter la froideur de la démonstration historique. Tout en parvenant à mettre à nu le caractère implacable des mécanismes de cette industrie macabre. Il ne se transforme pas non plus en donneur de leçons maniant de simples dichotomies puisqu'il n'hésite pas, par exemple, à souligner le rôle des relais locaux dans le maintien de cette terrible machine. Touré raconte à hauteur d'homme et trouve la distance juste. Là où s'expriment la dignité et l'humanité des victimes et la férocité et la perdition effrayante des "maîtres".

par Tarek Ben Chaabane

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