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rédacteur
Falila Gbadamassi
publié le
17/05/2019
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Falila Gbadamassi est rédactrice à Africiné Magazine


Mati Diop, réalisatrice sénégalaise-française


Scène du film


Scène du film


L'équipe du film, en haut des marches, à Cannes 2019


L'équipe du film, en conférence de presse, à Cannes

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Dans l'écume de l' "Atlantique"
Un film de Mati Diop

La cinéaste franco-sénégalaise Mati Diop traite de l'émigration des jeunes Africains sous l'angle du fantastique. Atlantique salue la mémoire d'une génération perdue dans les vagues de l'océan Atlantique. Le film vaut à sa réalisatrice de devenir une pionnière du cinéma africain : elle est la première femme du continent à être en compétition pour la Palme d'Or.


Dans la banlieue de Dakar, la capitale sénégalaise, Ada (Mame Bineta Sané) aime Souleiman (Ibrahima Traoré). Souleiman aime Ada mais la jeune femme va bientôt convoler avec un autre. En attendant, ils ont encore un de leurs rendez-vous clandestins dans cette boîte de nuit qui jouxte la mer. Mais Souleiman ne viendra pas. Il a pris la mer avec ses amis, au terme d'une journée marquée par une déconvenue majeure. Ces jeunes ouvriers, qui ont travaillé sur le chantier d'un immeuble qui se dresse fièrement dans la cité, n'ont pas reçu leur paie. Comme le souligne Souleiman, ils sont devenus des hommes endettés, en dépit de leur dur labeur, qui rentrent tard dans la nuit pour éviter leurs nombreux créanciers.

Pour son premier long métrage, Mati Diop se fait l'avocate d'une jeunesse désœuvrée pour qui émigrer vers l'Europe par la mer, ce dangereux océan Atlantique filmé sous tous les angles et personnage à part entière de cette fiction, devient la seule option. Pour ce faire, la réalisatrice a posé sa caméra, dans les volutes de la poussière dakaroise, une ville qui grouille de vie et sur laquelle plane pourtant l'ombre de cette mort que cause une tumultueuse mer. La cinéaste rend également compte du quotidien de jeunes filles et de jeunes hommes. Les premières cherchent à se construire un avenir en se mariant ou se contentent d'attendre les seconds qui, malgré eux, choisissent la mer pour s'ouvrir d'autres horizons. Quitte à en mourir.








Atlantique est un film habité qui trouve toute sa force dans l'originalité de son scénario. La cinéaste sénégalaise, première Africaine à être en compétition pour la Palme d'or, traite de la question de l'immigration clandestine sous un angle mystique. Elle convoque les djinns (les esprits dans l'imaginaire musulman) pour aborder l'une des raisons de cette périlleuse prise de risque : l'absence de perspective pour de nombreux jeunes Sénégalais même quand ils ont un emploi. En filigrane, la fiction dénonce ainsi ceux qui les exploitent alors qu'ils pourraient se contenter de leur verser la contrepartie du fruit de leur travail.
En attendant, Ada attend Souleiman qui semble de retour dans la capitale. Elle n'est d'ailleurs pas la seule à se lancer à sa poursuite. La police, incarnée notamment par le fringant inspecteur Issa (Amadou Mbow), est également sur ses traces à cause d'un mystérieux incendie qui s'est déclenché dans la chambre nuptiale d'Ada.
Outre les interrogations de l'enquête policière, Mati Diop pose aussi ses questions. Que deviennent les âmes de tous ceux qui ont péri dans cette grande étendue bleue qu'ils voyaient parfois dans leur chambre ? Quelles sont leurs dernières volontés ? En mettant en scène leurs esprits et leurs rapports avec les vivants, la cinéaste apporte ses réponses et plonge le spectateur dans une brume magique. Grâce, entre autres, à la répétition des images qui renvoient à la mer. Son aîné et compatriote, le poète Birago Diop, ne disait-il pas déjà que les morts n'étaient pas morts… Dans Atlantique, ils sont dans l'écume de la mer.



Falila Gbadamassi

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