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rédacteur
Inès Tchomago
publié le
16/07/2005
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De l'horreur à l'écran
La Nuit de la vérité, de Régina Fanta Nacro (Burkina Faso)
Bulletin n°5, Festival Écrans Noirs du cinéma d'Afrique francophone (FENCAF, Yaoundé, Cameroun), 2005.

Au commencement, il y a la haine. A celle-ci, se mêle vite la violence. Et voilà que l'histoire nous prend à la gorge. Fanta Régina Nacro et son co-scénariste Marc Gautron se lâchent pour un premier long métrage fortement engagé où la vérité se fait en une nuit.

Cette nuit, c'est tout comme la nuit de l'horreur. Nausées, peur mais aussi satisfaction sont les sentiments contradictoires qui animent le spectateur au sortir de la salle. A la faveur du cauchemar du colonel chef des rebelles, des images défilent : têtes et jambes tranchées à la machette, morceaux d'hommes coupés charriés par le fleuve, testicules arrachés… de l'horreur à l'écran, on est tenté de fermer les yeux, mais ce sont plutôt les effets stylisés sous la pluie des exactions commises qui nous sont montrés que les atrocités elles-mêmes. Car ce n'est pas en nous les montrant que ce film nous invite à réfléchir sur les massacres bien réels entre groupes ethniques en Afrique comme ailleurs : Libéria, Rwanda, Côte d'Ivoire, ex-Yougoslavie…

Et l'on pense à la pièce de Shakespeare intitulée Titus Andronicus où l'on voit des scènes horribles d'un homme qui fait manger à un père ses enfants sous forme de pâté... Pour ce film, la réalisatrice burkinabé Fanta Régina Nacro puise dans la tragédie classique mais aussi dans sa propre histoire : elle qui a vu son oncle tué et brûlé comme un simple méchoui de mouton que l'on apprête. L'animalité prend le dessus sur l'humanité. "Or, même les animaux ne se mangent pas dès lors qu'ils appartiennent à la même communauté", constate-t-elle Fanta Régina Nacro dans une interview. Pourquoi nous massacrer quand nous sommes si proches ? Elle met donc en scène l'introspection du colonel Théo, ce chef des rebelles qui se remet en cause. Lors de l'invitation du président à sceller la réconciliation par des accords de paix, Théo décide de se confesser à Edna, la femme du président, qui voudrait faire la lumière sur la mort atroce de son fils et dont il est le responsable.

Tout est mis en œuvre pour la marche vers la réconciliation. Les Bonadés d'une part, et les Nayaks d'autre part, commencent à communier ensemble. Tous les rituels sont convoqués. Il y a des plats représentatifs des deux ethnies, des enfants qui s'exhibent en dansant dans un coin de la cour, on verse du vin pour les morts, on dépose les armes et, on prépare les feux d'artifices… Mais la colère qui habite Edna est trop grande, elle suscite en elle la haine et installe un esprit de vengeance. Au moment où l'on parle de nuit de réconciliation, elle voit la nuit de la vengeance, surtout lorsqu'elle admire les beaux enfants du colonel Théo. Les habitudes protocolaires qui voudraient que monsieur et madame échangent permettent à Théo et Edna de s'éloigner discrètement. C'est alors que se joue le drame, tandis que les feux d'artifices illuminent le ciel sombre de la nuit. Un sacrifice sera nécessaire pour sauver la réconciliation. Il n'y aura plus de Bonadé et de Nayak comme par le passé, mais des "Bonadayak".

La Nuit de la vérité cherche les voies de la paix entre les peuples frères et les situe dans l'introspection, la repentance et le sacrifice d'une partie de soi, c'est-à-dire le compromis. Pour un film tourné en grande partie de nuit, la qualité des images reste impressionnante, liée à la compétence de l'équipe technique. Elle sert une tragédie qui nous permet de comprendre que la guerre entre frères ne profite à personne.

Inès Tchomago

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