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rédacteur
Yvette Mbogo
publié le
16/07/2005
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L'amour transforme le drame des mille collines
Hôtel Rwanda, de Terry GEORGE (USA)

Une route jonchée de carcasses humaines éparses de tous côtés. Des images atroces auxquelles nul ne peut rester indifférent. Le génocide rwandais clôt la tragique répétition des drames du XXème siècle : l'extermination des Juifs, des Hereros, des Arméniens, des Serbes... Le film débute quelques jours avant la mort du président rwandais Habyarimana qui revient de Tanzanie où il a signé les accords de paix d'Arusha. Les Hutus modérés et les Tutsis vont être sauvagement tués dans un terrible engrenage génocidaire.

Paul Rusesabagina est le gérant de l'Hôtel "Les mille collines" à Kigali. Manipulateur et opportuniste, il connaît toute la jet-set de la ville. Lui-même Hutu mais marié à une Tutsi, il pense pouvoir bénéficier de la protection de ces diplomates, hauts gradés militaires et hommes politiques qui viennent dans son hôtel pour des soirées galantes. Prévenu quelques jours plus tôt de l'imminence du génocide, il n'y croit pas et prend l'avertissement à la légère. Mais "l'abattage des grands arbres" commence, où l'on veut "tuer tous les cafards". Sa femme, aimante et humaniste, défie les clivages tribaux pour lui manifester son soutien total, lui permettant d'étendre cet amour à plus d'un millier de Tutsis venus se réfugier à l'Hôtel. Cette cellule familiale harmonieuse a en effet la force nécessaire pour se mobiliser dans un environnement aussi terrible pour sauver non seulement sa vie propre mais celle de ses semblables.

Appelées à protéger l'hôtel, les forces onusiennes vont plutôt s'atteler à évacuer les expatriés quand la situation s'embrase, abandonnant les Rwandais à leur sort. "Nous maintenons la paix, mais nous ne faisons pas la guerre", répondra le général de l'ONU quand Paul lui demande pourquoi il ne peut intervenir. Et la "Radio des mille collines" continue d'appeler à l'extermination des "cafards et de leurs complices".

Hôtel Rwanda est un appel à la conscience humaine, à la tolérance, mais aussi une mise en garde. Ce qui est arrivé au Rwanda peut recommencer ailleurs, sous une autre forme. Comme Paul et sa famille, nous ne sommes pas à l'abri chez nous et la vigilance est de mise. En racontant cette histoire vraie, Terry Georges réussit avec son excellent acteur Don Cheadle la délicate transposition d'une réalité africaine dans un film hollywoodien et concerne ainsi l'humanité entière. Le film évite de représenter frontalement la violence et ne fait que suggérer l'horreur, nous laissant notre capacité de recul et de réflexion. Mené comme un thriller, il débouche sur une heureuse fin, et semble ainsi nous souffler que si l'on veut que ce drame ne se reproduise plus, il nous faut croire en l'amour qui brise les différences.

Yvette MBOGO et Hilaire MEDJO

Bulletin n°5, Festival Écrans Noirs du cinéma d'Afrique francophone (FENCAF, Yaoundé, Cameroun), 2005.

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