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rédacteur
Noureddine Mhakkak
publié le
23/09/2006
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Entre le désir de la modernité et le poids des traditions ancestrales
Bled Number One, de Rabah AMEUR-ZAÏMECHE

Le film commence d'abord par un titre qui réunit en lui deux langues tout à fait différentes. L'une c'est la langue arabe qui se manifeste par le nom de Bled, et l'autre c'est l'anglais qui se présente par le Number One. Cela veut dire que ce film va aborder des thèmes qui appartiennent d'abord au monde arabe mais qui ont le sens de l'universalité. Ces thèmes qui nous touchent beaucoup, tels les thèmes de l'intégrisme religieux, la cause des femmes, l'expression des propres idées, le choix de vivre en paix et bien d'autres.

Le film en racontant l'histoire d'un jeune algérien à peine sorti de prison et qui vient rejoindre sa partie natale (son premier Bled) avec un espoir de continuer sa vie dans ses lieux, va rencontrer un mal de difficultés. Parmi ces difficultés l'absence de tolérance dans presque toutes les relations entre les gens, entre le mari et sa femme, entre les amis et même entre les frères et les soeurs. On peut montrer ces relations dangereuses à partir des micro-récits qui meublent l'histoire du film.

Il suffit pourtant de décrire objectivement, selon l'expression de Roland Barthes, les rôles du film pour établir sans contexte son pouvoir thématique. On va commencer d'abord par le rôle de la femme (Louisa) qui veut devenir une chanteuse ; rôle bien interprété par la jeune actrice Meriem Serbah. Son époux, qui est quand même un homme moderne (un moderniste d'apparence) a refusé de voir sa femme dans cet habit artistique là. Et quand la femme reste fidèle au choix qu'elle s'est fixée, il est devenu fou de colère, et il est allé jusqu'au bout dans sa folie, car il a commencé par la frapper avant de décider finalement de la répudier sans aucune pitié, ni pour elle, ni pour leur petit enfant. Cette femme qui va devenir presque folle à cause de l'obligation de s'éloigner de son enfant unique d'une part, et d'autre part à cause de la mauvaise relation avec sa propre famille. Car sa mère va refuser de la retenir de nouveau dans son foyer et son frère a commencé à la traiter comme une femme de rue. La seule personne qui est resté près d'elle, c'est son cousin Kamel, notre héros. Ce rêveur d'un monde plein d'amour et de tolérance, est présenté dans le film comme un héros positif, malgré ses défauts. Il a plein d'humanité pour les gens et surtout le monde féminin qui signifie, pour lui, l'image vraie de la vie réelle qui veut la vivre en plein amour et en pleine amitié aussi.

Un autre rôle qui nous a touché aussi dans ce film, en tant que récepteurs lettrés, est le rôle de son frère lui-même, joué avec une grande compétence par l'acteur Abel Jafri. Ce jeune homme qui est plein de vie veut vivre cette vie selon sa propre vision envers le monde qui l'entoure. Mais l'enfer c'est les autres (selon l'expression célèbre de Sartre) qui ne le laissent pas le faire. Car il va rencontrer sur son chemin des intégristes religieux qui essaient même de l'égorger. Au dernier moment il a pu réussir à échapper à ce mauvais destin en les suppliant de le laisser vivant car il est musulman comme eux. Après il a réussi – avec l'aide de ses amis ouverts et modernes – à défendre leur vision tolérante t leur choix de vie. Le choix de modernité et de tolérance et d'amour envers toute l'humanité.

Le personnage principal dans ce film est un jeune franco-algérien qui revenu dans son pays natal, sans aucune vision précise et sans aucun projet, sauf celui d'y vivre avec toute sa liberté d'homme moderne. Il s'agit pour ce personnage de voir et de découvrir son propre monde. Le monde où les gens partagent leur pain et leur solidarité. On peut trouver cela représenté dans le film à travers la scène où les hommes du Bled ont égorgé le grand taureau et se le partagent. Chaque famille a le droit de prendre sa part de la viande bien divisée entre toutes les familles du Bled.

On peut dire pour finir que ce genre de film – qui mélange le réel et la fiction, le documentaire avec l'imaginaire, et qui plonge dans le monde des origines – laisse toujours après sa partition dans les salles tant de réflexions critiques, qui ne sont pas forcément pour ou contre son existence, mais envers la manière dont il a été réalisé et son choix cinématographique.

Ce film là a pu réussir au moins à décrire un monde qui nous appartient et qui est d'une façon ou d'une autre près de nous en tant qu'Africains et Maghrébins.
On a déjà presque tout dit sur ce film, n'est ce pas ?

Noureddine Mhakkak

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