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rédacteur
Lotfi Ben Khelifa
publié le
18/11/2006
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Anachronique à souhait, tendre et cruel
Tendresse du loup (Ers Edhib), de Jilani Sâadi
Edition Special JCC 2006 Carthage

Le second long-métrage de Jilani Sâadi : Ers Edhib (Tendresse du loup) ne porte pas seulement et si bien son titre, grâce aux effets de contraste qu'il dégage et qui filtrent en filigrane. Il est un film dédié à tous les marginaux, les démunis au grand coeur qui prennent le temps de rêver d'un lendemain meilleur pour leur vie qui ne paye pas de mine. Le réalisateur continue, en plus, de nous faire découvrir de nouveaux talents telle : l'actrice Anissa Daoud et fait appel à quelques acteurs ayant déjà joué dans son premier film : Khorma (La bêtise) projeté aux JCC 2002 en hors-compétition ; comme Mohamed Grayâa et le non moins monologiste Mohamed Mourali.

La chronique ne dépasse pas l'espace d'une journée et met à nu des réalités sociales puisées dans le vécu d'un quartier populaire de Tunis. Est-ce là une histoire d'amour ou de désamour ? De tendresse ou de cruauté ? Le fait divers, représenté par le viol, est un prétexte pour accompagner les rêves irréalisables ? d'un tendre voyou qui, en plus de ses problèmes avec son père qui le chasse de la maison parentale, s'imbrique dans une vie vagabonde; où la rue a un nom, où le banditisme devient monnaie courante. Que vient-il faire dans ce milieu pourri où l'anachronisme sourit toujours pour lui? Le rythme monte, tout bascule et sa rencontre avec une fille de joie ne va pas trop lui régler ses affaires. Il reste toujours rêveur de partir loin, au Cap-Vert, pour vivre librement en écoutant la voix douce et berceuse de la grande chanteuse Césaria Evoria. Jilani Sâadi ne fait pas dans les rajouts. Il laisse sa caméra filmer le rêve, la tendresse, l'amour impossible avec une sincérité à fleur de peau. La plongée dans cet univers particulier, invivable et cruel est forte, dure à supporter, qui semble raconter une histoire imaginaire. Mais nous retrouvons la réalité amère d'un quotidien morose. Les damnés révoltés et humiliés ont-ils encore une chance pour survivre à leur misère intérieure et extérieure. Suffit-il seulement pour eux de rêver? Le rêve demeure pourtant leur seul salut. Et si on parle du générique, de début et de fin et de la musique qui survient par moments, elle symbolise encore et toujours cet anachronisme; car elle est tout simplement la chanson chantée dans les fêtes de mariage qui fait les éloges des deux mariés. Le héros ira jusqu'au bout de ses rêves sans jamais pouvoir les réaliser. Les situations précaires favorisent les rêves infinis. Les malheureux et les misérables ont le droit de rêver une autre vie. "La tendresse du loup" est puisé d'un proverbe tunisien qui dit en substance que quand il pleut et que le soleil brille tout de même; c'est le mariage du loup! Ou plutôt, comme dans le titre du film: sa tendresse. Un loup est-il tendre parfois ? Mais faut-il y comprendre quelque chose ? Ce film nous donne à réfléchir simplement sur la cruauté de la vie et sur le rêve. Il semble dédié à eux : tous ces personnages typiques qui sortent de l'ordinaire et qui vivent parmi nous.

Lotfi BEN KHÉLIFA

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   liens films

Khorma, le crieur de nouvelles [Khorma (La bêtise)] 2002
Jilani Saâdi

Tendresse du loup (Ors el dhib) عرس الذيب 2006
Jilani Saâdi


   liens artistes

Evora Cesaria


Grayaâ Mohamed Hassine


Saâdi Jilani


   vnements

13/03/2018 > 18/03/2018
festival |Tunisie |
Cinéma de la Paix ? 2018
18ème édition.

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