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rédacteur
Imunga Ivanga
publié le
08/01/2007
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Au Sud, des cinémas
Afriques 50 : Singularités d'un cinéma pluriel (L'Harmattan, 2005)

Le cinéma originaire du Sud est souvent perçu comme un cinéma de la transition. Luxe unique, il prend le temps de peindre tout un monde lointain et pourtant si proche, à la fois dans sa manière de refus du divertissement total et dans son maintien du statut d'auteur. En réalité, un cinéma du refus de la transition, car il n'y a pas de passage. C'est un cinéma de l'ellipse, non pas tant pour sa forme esthétique que pour son économie. Il s'appuie sur une réalité qui voudrait prendre en main les phénomènes qui concourent à sa production, sa distribution et sa consommation. C'est sans doute là que se heurtent ses ambitions et que devrait s'appuyer le terme Cinémas du Sud. Pas seulement le sud subsaharien, mais tous les Sud. Ceux vécus et ceux regardés. Le terme Cinémas du Sud évoque plusieurs aspects que nous nous proposons d'examiner.
Croiser les regards

Ainsi, l'expression Cinémas du Sud, en opposition à celui du Nord correspond à une vision eurocentriste, la construction par l'Occident d'une certaine représentation, souvent figée, des images provenant du Sud. Cette vision élabore un catalogue de ce qu'elle estime être représentatif des cultures et des comportements et ne prend pas en compte la diversité et la modernité d'un Sud en perpétuel mouvement. Résultat, on obtient un mode d'emploi de ce qui le définit (authenticité) et par exclusion de ce qui n'est pas lui (non-conformité). Lorsque des propositions nouvelles surgissent, il n'est pas rare d'entendre "ce n'est pas africain !", "ce n'est pas du Sud !", traduisez : c'est une manière du Nord et donc par rapport à celui qui l'a commis, c'est acculturé, ce qui résonne comme une sentence sans appel.
Cinémas du Sud, c'est aussi l'espace dans lequel se développent, autrement et parallèlement à celui des cinémas du Nord, des histoires qui, bien qu'ayant un lien avec l'humanité discordante, se distinguent par leurs propres rythmes en créant une sacrée distance notamment sur les choix des thématiques, des priorités, la découverte de cultures, donc de nouveaux schémas de vies, une pluralité d'expression d'idées. Une démarche ouverte qui invite à croiser les regards, à s'intéresser à l'autre pour ce qu'il donne en partage, ce qu'il est, et non pas ce que l'on attend qu'il soit.
Le Sud, ma passion

Cinémas du Sud, ce sont enfin les conditions qui concourent à son existence : critères économiques, législation, formation, etc. Des aspects bien huilés dans le Nord, mais qui, à quelques rares exceptions près, sont au stade de balbutiements dans le Sud. Tout en sachant que, dans ce Sud, il y a aussi des inégalités, des paliers. Mais dans l'ensemble, le cinéma demeure sous perfusion, ce qui, à long terme est problématique car il est important d'avoir le contrôle total de sa création. Si ceux qui le font exister sont animés de la même passion, celle qui se retrouve indifféremment chez les auteurs de tous les continents, la différence c'est que, quand il est au sud du Sud, le cinéma aura plus de difficultés à préserver son indépendance, voire son intégrité, sans avoir à s'appuyer sur un soutien économique ou à intéresser les politiques au développement d'un environnement moins hostile à la création. Tout cela en évitant d'être sous contrôle, d'où qu'il soit.
C'est pourquoi peut-être, la vidéo numérique est une voie de salut, en ce sens qu'elle correspond le mieux à nos économies et que le cinéma de demain se caractérisera moins par la nature du support que par la manière de traitement de ses sujets.
Cinémacité et altérité

Le fait est que nous évoluons dans un monde où l'on joue à saute-frontières. On peut ainsi, ne pas être surpris de voir le sud se transporter dans le Nord, ce qui ajoute à la confusion de ceux qui prônent l'authenticité. Les propositions sont multiples : un cinéaste originaire du Sud établi au Nord et développant des sujets dits du Nord dans le Sud, ou du Sud dans le Nord. Comment distinguer, caractériser son œuvre ? Que penser d'un Alain Gomis qui fait L'Afrance ? D'un Zeka Laplaine avec son Paris XY ?... Pour ne citer que ceux-là. Que dire des films du Sud arborant plus facilement que leurs auteurs "sans papiers", la nationalité du Nord ? En réalité, les définitions initiales sont vites dépassées par les envies des créateurs ; leurs statuts ne peuvent être enserrés dans un carcan.
Les cinéastes dits du Sud sont des auteurs qui se définissent selon les mêmes termes que l'ont fait Truffaut, Godard, Rohmer, Rivette, Chabrol, tous acteurs de la Nouvelle Vague. Ils ne récusent pas cette chaleur qui court le long de leurs films, mais là n'est pas l'essentiel ni le fond du débat. C'est encore la surface des choses. Ici, le cinéma est encore un acte politique avec toutes les conséquences que cela peut engendrer et qui seront d'autant plus fortes que le sera l'engagement du cinéaste.
S'il devait y avoir une définition de notre cinéma, elle s'articulerait autour de deux notions, celle que j'ose appeler cinémacité, qui est un néologisme, et celle de l'altérité. La notion de cinémacité, c'est ce qui fait d'une œuvre donnée une œuvre cinématographique, ce qui veut dire qu'elle prend en compte les facteurs externes qui sont la mobilité et la diversité. Il faut la rattacher à celle de l'altérité, au sens où l'on confronte son œuvre avec l'autre. Une fois que l'on a ces deux aspects, on verra que le Sud fait du Cinéma et l'on se laissera enivrer par ses génériques perpétuels annonciateurs d'histoires intarissables.

par Imunga Ivanga

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