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rédacteur
Michel Amarger
publié le
15/02/2007
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Blessures intérieures au Sénégal
rencontre avec Sokhna Amar, réalisatrice de Pourquoi ?, 2005, fiction, 5'
DOSSIER N°2 : La représentation de la violence au cinéma
rencontre avec Sokhna Amar,
réalisatrice de Pourquoi ?, 2005, fiction, 5'

par Michel AMARGER
(juin 2006)

La dureté des rapports sociaux, abus de pouvoir, corruption, les conflits politiques, guerres et rebellions attisées par des puissances étrangères, poussent de nombreux cinéastes africains à les cadrer de front. Même si certains s'en détournent pour s'évader par le rêve, la comédie, les pressions sociales sont encore trop fortes en Afrique pour ne pas laisser une empreinte visible dans les films les plus récents. La vie communautaire avec ses règles, ses hypocrisies, ses non-dit, reste la cible des artistes qui veulent faire évoluer leurs sociétés.
Peu à peu, la nouvelle génération de cinéastes semble concentrer son regard sur la violence qui touche les individus eux-mêmes, en isolant leurs destins du groupe social pour mieux souligner ce qui rattache leurs blessures à celles de la communauté. L'objectif du cinéaste s'approche alors de l'intime comme pour expurger les stigmates de la violence.
Le cinéma devient perméable à la douleur des corps, aux traumatismes affectifs de ceux qu'on a abusé. Alors la violence qui continue de s'exercer sur les femmes africaines, battues ou violées avec une certaine impunité, souvent favorisée par l'organisation sociale dans de nombreux pays du continent, surgit dans les nouveaux films.
Au Sénégal, Sokhna Amar fait partie de la nouvelle génération, décidée à bousculer les tabous sans tapage et sans effets spectaculaires. Elle a suivi des stages de scénario à Dakar avant de compléter sa formation technique en France. Son premier court-métrage, Pourquoi ?, 2005, évoque le viol d'une amie par un homme de son entourage. Elle enchaîne avec Mirage, 2006, un documentaire sur les difficultés d'adaptation des Afro-Américains qui viennent se fixer en Afrique.
Pourquoi ? est basé sur une histoire authentique qui met en scène l'abus sexuel subi par une jeune femme. Le film aborde les faits par un commentaire douloureux, en voix off, tandis que, en contrepoint, le plan fixe d'une mer calme où évolue un pêcheur envahit l'écran. Et la lumière du cinéma fait ressortir les ombres de la violence qui peut déchirer les femmes africaines.

Michel Amarger : - "Quelle raison vous fait placer le film sous une interrogation avec ce titre : Pourquoi ? ?

Sokhna Amar : * Quand mon amie m'a raconté son histoire, il y avait des questionnements qui revenaient tout le temps. Je la voyais se poser cette question par les mots qu'elle me disait, par son regard. Je voyais ses questionnements, cette incompréhension de ce qu'il lui était arrivé, surtout de la part d'une personne qu'elle connaissait. Alors c'est son questionnement que je voulais reprendre avec ce titre.

- Qu'est ce qui vous a poussé à adapter cette histoire vraie pour le cinéma ?

* Il y a des milliers de victimes de viol dans le monde. En Afrique, le viol est un peu considéré comme un sujet tabou. Ca se passe tous les jours, tout le temps sans qu'on en parle forcément. Les victimes souffrent en silence. J'ai trouvé cela injuste. À cause d'une société disons "conservatrice", les victimes de viol se taisent pour ne pas être indexées, pour ne pas être considérées finalement comme coupables. Voilà ce qui arrive. Mon amie a eu peur de le dire parce qu'elle aurait été considérée comme coupable et à la limite, rejetée par sa famille. C'est injuste et je ne prétends pas faire changer les choses avec ce film. Je l'ai fait en espérant qu'il pourrait aider les victimes de viol qui le verraient à se dire qu'on peut en parler et se libérer de cette souffrance.

- En réalisant Pourquoi ?, vous semblez indiquer qu'on peut en parler mais pas le montrer…

* Je pense qu'il n'est pas nécessaire de le montrer. Les mots sont assez forts… Quand mon amie m'a parlé de ce qui lui est arrivé, j'ai senti qu'elle avait reçu un tel choc, que la violence l'avait tellement traumatisée. Dans le film, c'est la partie où je décris cette violence qui est la plus forte. Je voulais que les gens sachent le degré de violence qu'il y a dans cet acte.

- D'où viennent les mots qu'on entend ? Ce sont ceux qu'a dits ou écrits votre amie, ou est-ce vous qui les avez écrits pour faire le film ?

* J'ai repris ce qu'elle m'avait raconté et je l'ai réécrit en utilisant mes propres mots. Mais j'ai essayé d'être le plus fidèle possible à son récit. Après je lui ai fait lire et elle a trouvé que ça correspondait à ce qu'elle avait dit.

- Pourquoi pendant qu'on entend le récit du viol, montrez vous à l'image, un coucher de soleil sur la mer ?

* Les mots suffisent à dire cette violence. Je voulais absolument mettre une image sobre qui accompagne la force du texte. L'image m'est venue parce que mon amie ne voulait pas être filmée, ni même qu'on entende sa voix. Le fait d'en parler, d'utiliser ses mots suffisaient à faire ce film. L'image qui accompagnait, je voulais qu'elle soit la plus sobre possible.

- Où avez-vous choisi de tourner le plan de la mer ?

* C'est à Saint Louis, au Sénégal, l'ancienne capitale qui se trouve au nord. J'ai filmé là parce que c'est chez moi et puis ce lieu correspondait le mieux à ce que je voulais faire ressortir à travers cette image. C'est un seul plan, une image fixe. Pour la réussite du film, j'ai ressenti le besoin de le tourner avec de la pellicule et pas en numérique. Cela apporte plus de beauté à l'image et pourquoi pas, plus de poésie.

- Pourquoi choisir de filmer un coucher de soleil ?

* Quand je suis arrivé pour le tournage, je me suis rendu compte que le coucher de soleil pouvait mieux correspondre au message que je voulais exprimer sur le texte. Le fait de raconter cette histoire représente une parole qui se libère. Pour mon amie qui est la victime, c'est une partie de son histoire qui s'enterre. Elle se couche un peu comme le fait le soleil.

- Quel sens a dans le cadre large, ce pêcheur qui s'éloigne vers la mer ?

* L'image, en général, est assez symbolique. La femme est plutôt associée à la mer. Le pêcheur, avec sa pirogue, représenterait l'homme. Pour moi, cette image symbolise ce que devraient être les relations entre l'homme et la femme. C'est ce que je voulais souligner à travers ce plan du pêcheur qui manœuvre avec sa pirogue pour essayer de passer la barre vers la haute mer.

- Est ce à dire qu'il fallait créer un climat d'apaisement après avoir fait entendre cette histoire violente ?

* Exactement. C'était pour finir sur une sorte d'apaisement. Comme pour se dire qu'il n'existe pas que la violence finalement..."

Michel Amarger

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