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rédacteur
Ludovic O. Kibora
publié le
15/03/2007
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Une jeunesse en quĂȘte de devenir
Making off, de Nouri Bouzid (Tunisie)
Bulletin Africiné n°04 (FESPACO 2007), du Mardi 27 février 2007
Making of cinéma !
Le Tunisien Nouri Bouzid interrompt son fim à trois reprises : l'acteur Lotfi se révolte contre son personnage Bahta qu'il sent devenir un monstre. Le film se fait making of et provoque par cette innovation de cinéma la réflexion du specteur. Critiques, analyse et entretien avec l'acteur Lotfi Abdelli pour éclairer ce choix.

La camĂ©ra recule sur le mouvement d'un joyeux groupe de jeune gens. Le dĂ©cor signale une ville portuaire, oĂč l'appel du large plane dans les rĂȘves des adolescents. Le rythme saccadĂ© d'une musique Rap, dĂ©monstration de danse, provocation et jeux de mots ; une jeunesse s'exprime dans son quotidien, qui est un permanent dĂ©sir de libertĂ©. La promiscuitĂ© d'un environnement social renforce en elle cette envie de voler vers des horizons jugĂ©s meilleurs. Tel est d'entrĂ©e le dĂ©cor de Making off, le long mĂ©trage du Tunisien Nouri Bouzid qui a pour personnage principal Bahta. Ce jeune homme dĂ©scolarisĂ©, qui a la danse comme passion, est aussi animĂ© par le dĂ©sir ardent de s'exiler en Europe ou, Ă  dĂ©faut, ĂȘtre flic. Prendre la place de cette autoritĂ© qui ne se signale Ă  eux que pour les empĂȘcher de danser en paix. Chokri est issue d'une famille plutĂŽt moyenne, mais les revenus d'un pĂšre taximan, qui n'est prĂ©sent que pour donner la fĂ©rule Ă  son fils et une mĂšre mĂ©nagĂšre qui n'a que son amour maternel Ă  offrir, l'Ă©ducation est difficile, surtout lorsque les enfant ont des rĂȘves qui ne cadrent pas avec les attentes familiales. Pourtant, Bahta ne demande qu'Ă  ĂȘtre un homme. Quand le quotidien est sombre et les horizons bouchĂ©s, la tentation est grande de se laisser emporter par les sirĂšnes de la manipulation des consciences que savent si bien sonner ceux qui ont une autre expression sociale des prĂ©ceptes du saint Coran. Mais est-il facile de transformer un homme lorsque ses penchants personnels sont plus forts ? Le film est entrecoupĂ© de sĂ©quences style making of (documentaire sur le film de fiction), qui interrompt le dĂ©roulement de la fiction. Le dosage de lumiĂšre sĂ©pia rehausse la rĂ©volte de l'acteur Lotfi Abdelli qui ne veut plus interprĂ©ter son personnage Bahta, car il en a peur. Making off dĂ©roule ainsi des interruptions comme un prĂ©texte permettant au rĂ©alisateur Bouzid de faire Ă©talage de sa comprĂ©hension des rapports entre religion et sociĂ©tĂ©. C'est Ă©clairant, efficace et convaincant.
Entre l'amour de la mĂšre, la duretĂ© du pĂšre et la violence de l'État, le hĂ©ros est dĂ©sorientĂ© dans un monde pris dans un tourbillon d'ambiguĂŻtĂ©s tant sur le plan social que celui de sa propre personnalitĂ©. Avec subtilitĂ©, le rĂ©alisateur touche ainsi Ă  des sujets sensibles que sont l'islamisme, la rĂ©pression du pouvoir, le chĂŽmage des jeunes, dans une parfaite maĂźtrise technique. Les choses sont plutĂŽt suggĂ©rĂ©es que montrĂ©es avec violence et vulgaritĂ©. On est presque gĂȘnĂ© d'ĂȘtre sĂ©duit par l'image de la femme qui roule sous des coups, mais vĂȘtue d'un manteau de dignitĂ© que magnifient les couleurs ambiantes. Tanit d'or aux JournĂ©es CinĂ©matographiques de Carthage en octobre 2006, cette 7Ăšme rĂ©alisation de ce cinĂ©aste tunisien aussi prolixe qu'engagĂ©, a pour titre dans sa version arabe "Le dernier film". Tout un symbole ! Si ce film avait bĂąti un monstre comme le craint l'acteur Lotfi Abdelli, cela pourrait ĂȘtre le dernier Bouzid. Mais la rĂ©ussite de ce film ne peut qu'encourager le rĂ©alisateur Ă  poursuivre son travail.

Ludovic Kibora (Burkina Faso)

Article paru dans le Bulletin Africiné n°04 (FESPACO 2007), du Mardi 27 février 2007, page 1.

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   liens films

Making of, le dernier film 2006
Nouri Bouzid


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Abdelli Lotfi


Bouzid Nouri


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FESPACO
Burkina Faso | Ouagadougou 01

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