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rédacteur
Moussa Bolly
publié le
15/03/2007
Ľ films, artistes, structures ou √©v√©nements li√©s √† cette analyse
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Moussa Bolly


Guimba un tyran, une époque (Nidiougou Guimba)


Cheick Oumar Sissoko


Baara, de Souleymane Cissé


Finyè, de Souleymane Cissé


Souleymane Cissé, 2008




Balla Moussa Ke√Įta joue le Roi peul dans Yeelen, 1987


Moussa Sidibé, dans Demain à Nanguila (Joris Ivens, 1960)


Demain à Nanguila


Jeune fille, dans Demain à Nanguila, 1960


Joris Ivens

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Focus sur le cinéma malien
De la quête d'identité à l'engagement politique
Bulletin Africin√© n¬į04 (FESPACO 2007), du Mardi 27 f√©vrier 2007
Invité d'honneur de la 20e édition du FESPACO, le cinéma malien a marqué le 7e art africain par sa thématique variée et ses productions de qualité. Ce qui fait du coup de la "Rétrospective du cinéma malien" l'une des grandes attractions de cette grande fête du cinéma africain.

"Les fils et les filles du Mali ont port√© haut le flambeau du cin√©ma malien", disait un intervenant au lancement officiel de la "R√©trospective du cin√©ma malien" au Cin√© Burkina. Pour les nombreux intervenants, le choix port√© sur ce pays n'a rien de fortuit. D'abord au palmar√®s du festival, le Mali est le seul pays √† avoir 3 √Čtalons de Yennenga, notamment avec Baara et Finy√® de Souleymane Ciss√© (1979 et 1983) ainsi que Guimba un tyran, une √©poque (Nidiougou Guimba) de Cheick Oumar Sissoko (1995). Sans compter les autres distinctions r√©colt√©es dans des festivals prestigieux comme Cannes et Carthage.
Ce qui en dit long certainement sur le talent des cin√©astes et com√©diens comme Souleymane Ciss√©, Cheick Oumar Sissoko, Balla Moussa K√©√Įta et Falaba Issa Traor√© (Paix √† l'√Ęme de ces deux derniers, disparus). Ce palmar√®s met aussi en exergue la qualit√© de ce cin√©ma et sa contribution √† l'enrichissement du cin√©ma africain √† travers une th√©matique vari√©e et profond√©ment ancr√©e dans le terroir culturel et le microcosme sociopolitique du pays.
De Demain à Nanguila (de Joris Ivens, avec Moussa Sidibé, 1960) à Faro, la Reine des eaux de Salif Traoré (le seul long-métrage du pays en compétition et projeté en soirée d'ouverture du 20e FESPACO), le cinéma malien a beaucoup progressé au niveau de la technique, de l'écriture et de l'engagement qui est passé de la quête d'une identité culturelle, pour se mettre à l'abri de l'acculturation, au combat politique.
C'est d'ailleurs ce dernier aspect qui retient le plus notre attention dans l'évolution du cinéma au Mali. Certes le conflit entre tradition et modernité, qui caractérise généralement une grande partie de la créativité culturelle et artistique africaine, surtout littéraire et cinématographie, est très présent dans le 7e art malien. Mais, il a le plus souvent réussi à le transposer dans le domaine de la conquête du savoir et du pouvoir. Le cinéma malien, de son début dans les années 60 à nos jours, a été le miroir des aspirations du peuple à travers les régimes (communisme de 1960 à 1968, dictature militaire de 1968 à 1991 et, depuis la quête démocratique) qui ont régné sur le pays. Cette quête du pouvoir est souvent une quête sociopolitique comme dans Baara et Waati de Souleymane Cissé. C'est aussi une quête de liberté et de revendication comme dans Finyé du même réalisateur et dans Guimba de Cheick Oumar Sissoko.
Mais, cette aspiration √† une autre forme de la gestion politique des jeunes √Čtats africains comme le Mali est tr√®s pointue dans Ta Dona ! ("Au feu"), le premier long m√©trage d'Adama Drabo. Le contenu de cette Ňďuvre √©tait assez provocateur frisant le suicide au vrai sens du terme puisque le pays vivait √† l'√©poque une dictature qui ne tol√©rait aucun √©cart de langage, fut-il artistique. "Avec Ta Dona !, j'avais voulu faire un film sur l'environnement avec le probl√®me des feux de brousse. Mais le film √©tait aussi marqu√© par la fermentation de la vie √©conomique et politique dans un Mali domin√© par la dictature depuis 23 ans. Ceux qui lisaient le sc√©nario me d√©conseillaient d'y int√©grer cette r√©alit√© pour √©viter la r√©pression du r√©gime. Mais, c'√©tait un devoir. En tant que r√©alisateur, ne pouvait √™tre indiff√©rent √† cette qu√™te de libert√© d'un peuple opprim√© et chaque jour humili√©", explique Drabo.
Si cette volonté de liberté des cinéastes maliens fait la force du cinéma malien voire africain, elle découle aussi d'une quête de pouvoir : faire de l'écran un pouvoir à l'image de la presse considérée comme le 4ème pouvoir dans les démocraties fortes. Pour les Souleymane Cissé, Falaba Issa Traoré, Cheick Oumar Sissoko… il ne s'agissait pas de faire le cinéma pour le cinéma, mais un outil de l'affirmation de l'indépendance et de changement sociopolitique. Pour eux, le cinéma doit être une expression de la puissance tant redoutée de "la parole, du verbe" fortement ancrée dans la société malienne depuis le temps des grands empires.
Ce pouvoir se situe aussi au niveau de la transmission ou de la contestation du pouvoir et du savoir traditionnels très présents dans Yeleen de Cissé et La Genèse de Sissoko. Toujours en rapport à ce conflit autour du pouvoir, l'émancipation féminine est aussi très présente dans le cinéma malien d'hier et d'aujourd'hui. Taafe Fanga ("Pouvoir du pagne") d'Adama Drabo en est l'illustration.
Selon le r√©alisateur, il voulait attirer l'attention et susciter le d√©bat. "Dans nos soci√©t√©s, quand le masque appara√ģt, les femmes doivent se cacher. Or c'est par leur action que nous avons le masque aujourd'hui. Tant qu'il y aura cette diff√©rence, la femme ne pourra s'√©manciper. On peut faire des colloques, le fond ne change pas. Je souhaite que le film soul√®ve le d√©bat", dit-il.
Les Ňďuvres des jeunes r√©alisateurs comme Mambaye Coulibaly, Kadiatou Konar√©, Moussa Ouane, Boubacar Sidib√© et Salif Traor√© n'√©chappent pas souvent √† cette volont√© de faire du 7e art une expression des aspirations de la soci√©t√© malienne √† travers un cercle de pouvoir, un groupe social. La rupture ne se situant le plus souvent que dans la fa√ßon de s'y prendre, de l'esth√©tique‚Ķ Ainsi ce d√©sir de changement est pass√© de la d√©nonciation √† l'acte.
Comme nous le disait récemment un jeune réalisateur, "les premières générations s'étaient contentées de dénoncer, tandis que nous nous voulons plonger dans notre société avec le désir de faire bouger et progresser les choses, en phase avec le vent de démocratisation". Une façon respectable de se démarquer des pionniers qui permettra certainement au cinéma malien d'enrichir la diversité cinématographique universelle.

Moussa Bolly (Mali)

Article paru dans le Bulletin Africin√© n¬į04 (FESPACO 2007), du Mardi 27 f√©vrier 2007, page 5.

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   liens films

Baara (Le travail) 1978
Souleymane Cissé

Demain à Nanguila 1960
Joris Ivens

Faro, la Reine des Eaux 2007
Salif Traoré

Finyé (Le vent) 1982
Souleymane Cissé

Genèse (La) 1998
Cheick Oumar Sissoko

Guimba - un tyran, une époque 2004
Cheick Oumar Sissoko

Ta Dona - Au Feu ! 1991
Adama Drabo

Taafé Fanga - Pouvoir de pagne 1997
Adama Drabo

Waati (Le Temps) 1995
Souleymane Cissé

Yeelen (La lumière) 1987
Souleymane Cissé


   liens artistes

Cissé Souleymane


Coulibaly Mambaye


Davanture Andrée


Drabo Adama


Ivens Joris


Ke√Įta Balla Moussa


Konaré Kadiatou


Ouane Moussa


Sidibé Boubacar


Sidibé Moussa


Sissoko Cheick Oumar


Traoré Falaba Issa


Traoré Salif


   ťvŤnements

07/09/2012
cycle de cinéma |Belgique |
Cinematek: "DEMAIN A NANGUILA" (Joris Ivens, Mali 1960) + Ivens √† CUBA & au CHILI‏
Demain à Nanguila (Mali, 1960)

   liens structures

AMACRI (Association Malienne des Critiques du Cinéma)
Mali | BAMAKO

Centre National de la Cinématographie du Mali (CNCM)
Mali | Bamako

FESPACO
Burkina Faso | Ouagadougou 01

SOFRACIMA / La Sofra
France | PARIS

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