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rédacteur
Bassirou Niang
publié le
15/03/2007
» films, artistes, structures ou Ă©vĂ©nements liĂ©s Ă  cet entretien
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La fiertĂ© d'ĂȘtre Africain
entretien avec Sylvestre Amoussou (Africa Paradis, BĂ©nin, 2006)
Article paru dans le Bulletin Africiné n°04 (FESPACO 2007), du Mardi 27 février 2007, page 7.

Une immigration de l'Occident vers l'Afrique : n'est-ce pas une utopie ?

On vit d'utopie ! Moi, je crois en ce que je fais. Et je pense que c'est aux Africains de croire au continent africain. On croit que c'est toujours mieux chez les autres, alors que chez nous, il y a tellement de choses Ă  faire. C'est aux Africains de construire l'Afrique. Nos dirigeants n'ont qu'Ă  arrĂȘter de mettre l'argent dans leurs poches et chercher Ă  aider les enfants d'Afrique. Car quand ils sont Ă  l'extĂ©rieur, ces derniers sont humiliĂ©s. Quand en France on se dĂ©chaĂźne contre les sans-papiers, aucun dirigeant africain ne dit : "ArrĂȘtez ! Ce sont des humains !" Tous les Africains courent ver Paris ou l'Europe alors qu'il y a une richesse ici. On prend la mer alors que nous sommes riches.

Vous semblez vous adresser davantage aux Occidentaux qu'aux Africains.

Non ! Je parle Ă  tout le monde. Si les responsabilitĂ©s Ă©taient assumĂ©es, l'Afrique ne serait pas dans cette tristesse. Elle serait riche. Il y a une double lecture dans ce film. Je demande aux EuropĂ©ens d'ĂȘtre plus ouverts, plus tolĂ©rants. Mais les peuples d'Europe sont aussi victimes que ceux d'Afrique. Les grands de ce monde se rĂ©unissent entre eux et ils n'ont rien Ă  faire des citoyens des autres pays, qu'ils soient Africains ou EuropĂ©ens.

Cherchez-vous Ă  combiner provocation et prise de conscience ?

C'est un cri d'alarme que j'ai eu envie de pousser parce que ça me fait mal de voir que toute la planÚte évolue sauf l'Afrique. Quand on voit les interviews à la télé, les Africains sont toujours en train de dire que ce n'est pas leur faute. On ne va pas continuer à tendre la main alors que le continent est riche. Cela fait bientÎt 50 ans qu'on est indépendants. Le peuple africain doit prendre conscience. Ce film est un cri, une révolte. Mes enfants sont métis, moitié européens, moitié africains. Je ne voudrais pas que demain, ils m'interpellent en me demandant pourquoi dans mon continent, c'est toujours la misÚre alors que chez leur maman, c'est toujours bien !

Vous avez beaucoup joué sur les couleurs.

Oui. Dans mes choix esthĂ©tiques, j'ai fait jouer des acteurs blancs et des acteurs noirs. Ensuite, j'ai utilisĂ© la derniĂšre pellicule sortie par Kodak et qui synthĂ©tise les couleurs noires pour qu'on puisse ĂȘtre beau Ă  l'image. Parce que gĂ©nĂ©ralement, les pellicules sont faites pour les peaux blanches.

Quelle est votre démarche de cinéma ?

Avant ce premier long mĂ©trage, j'ai fait six courts. Je suis titulaire d'une licence d'administration Ă©conomique et sociale. Ensuite, je me suis inscrit dans une Ă©cole de comĂ©die. Et comme il n'y avait pas les sujets que je souhaitais et de vrais rĂŽles pour les Noirs de France, et que j'avais des sujets qui me tenaient Ă  cƓur, j'ai eu envie de commencer en faisant des courts mĂ©trages pour dire des choses. Et petit Ă  petit, j'ai appris le mĂ©tier. J'ai fait des stages et des tournages avec des rĂ©alisateurs. Au cinĂ©ma, je voudrais ĂȘtre le porte-parole des sans-voix. J'ai envie de crier cette souffrance que j'Ă©prouve dans mon intĂ©rioritĂ© et de la mettre en images pour dire aux Africains qu'ils soient fiers d'ĂȘtre ce qu'ils sont. On a l'habitude de dire que ce sont des fainĂ©ants mais je dis que non ! Quand on veut, on peut. J'ai mis dix ans Ă  faire ce film. C'Ă©tait difficile, mais j'ai rĂ©ussi.

Quel sera votre prochain film ?

Je me suis penché sur la maniÚre dont le continent est géré. Ce sera sur la corruption.

propos recueillis par
Bassirou Niang (Sénégal)

Article paru dans le Bulletin Africiné n°04 (FESPACO 2007), du Mardi 27 février 2007, page 7.

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Africa paradis 2005
Sylvestre Amoussou


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Burkina Faso | Ouagadougou 01

Koffi Productions
BĂ©nin

Tchoko Tchoko 7Ăšme art
France | Rosny-sous-Bois

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