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rédacteur
Fatoumata Sagnane
publié le
15/03/2007
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Le désespoir comme programme
Un matin bonheur, de Gahité Fofana (Guinée / France)
Bulletin Africiné n°05 (FESPACO 2007), du Mercredi 28 février 2007

Un matin bonheur de Gahité Fofana est un récit tiré d'une histoire réelle que la Guinée a connue il y a de cela sept à huit ans. Rassurez-vous que cette histoire n'a pas le bonheur que vend le titre du film. C'est un terme accrocheur mais vide de sens, ou juste un jeu de mot avec "un matin de bonne heure".
Cette histoire est celle de deux petits enfants de 14 et 15 ans qui n'avaient qu'un seul rêve : aller en Europe, pour fuir tout ce qu'ils n'aimaient pas dans leur pays : la misère des parents (leurs familles), les coins sales, les bidons villes, l'indifférence des plus aisés et la fainéantise de certains individus.
Revenons à la quintessence du film. À aucun moment du film, Gahité Fofana ne nous fait vivre la vraie histoire de Yaguine et Fodé. Les deux enfants sont morts de froid dans le train d'atterrissage d'un vol Air France en route pour l'Europe.
Comme dans son précédent long métrage, Immatriculation temporaire, le réalisateur préfère nous montrer les endroits les plus laids de la Guinée : les maquis, les marchés sales, les routes pas encore balayées et des personnages bizarres. Le pays se résume-t-il à cela ? Il fait le choix de nous renvoyer aux réalités d'un pays sans avenir. Le risque de ces images est de donner raison aux jeunes africains de vouloir partir pour ces autres cieux qui ne traduisent pas forcément le paradis sur terre. E film les prévient-il efficacement des dangers d'une aventure sans lendemain ? En quoi les empêche-t-il de se aisser hanter par cette folie de partir qui débouche souvent sur leur propre mort ?
La perte de deux âmes aussi jeunes qui avaient vite compris leur souffrance dans leur pays n'est pas chose fortuite. Le pays tout entier a longtemps pleuré ces enfants et continue encore en célébrant chaque année la mort de Yaguine et Fodé.
Gahité Fofona laisse les spectateurs sur leur faim avec plus de littérature que du concret, notamment en lisant dans son entier la lettre qu'ont laissée Yaguine et Fodé à destination du parlement européen. En terminant le film par ce texte, c'est la plainte qui domine envers les soi-disant sauveurs des Africains. La jeune génération de ce continent n'a-t-elle pas plus besoin de courage et de responsabilité pour faire face à leur faim, leur misère, leur manque d'éducation et leur soif de connaître une vie heureuse ?

Fatoumata Sagnane (Guinée)

Article paru dans le Bulletin Africiné n°05 (FESPACO 2007), du Mercredi 28 février 2007, page 4.

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Un matin bonne heure 2005
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