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rédacteur
Yacouba Sangaré
publié le
15/03/2007
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Ombres et lumières autour d'un fleuve
Congo River, au-delà des ténèbres, de Thierry Michel (Belgique)
Bulletin Africiné n°05 (FESPACO 2007), du Mercredi 28 février 2007

Amour ou obsession du Congo ? Caméra au poing, le réalisateur belge Thierry Michel signe avec Congo River son quatrième film documentaire sur ce vaste pays de l'Afrique centrale, après Zaïre, le cycle du serpent (1992), Donka, radioscopie d'un hôpital africain (1997), et le célèbre Mobutu, Roi du Zaïre (2000). Dans cette contrée ravagée par plusieurs années de guerre civile et où il n' y a plus ni routes ni voies ferroviaires, le fleuve apparaît comme, pour les populations, l'unique voie de parcourir le pays d'une région à une autre.

Le film se veut un défi, tout au long des 2h20 minutes : celui, comme le remarque si bien son réalisateur, de remonter ce fleuve de l'embouchure jusqu'à sa source. Un périple de 4351 km qui transporte, pendant des jours et des nuits, le spectateur au cœur de la faune congolaise. En choisissant de ficeler son film autour du voyage d'une barque, Thierry Michel donne volontiers un visage humaniste à Congo River, un visage fait de souffrances, de turpitudes et aussi d'angoisses de ces centaines de personnes qui traversent régulièrement ce fleuve. Il aligne comme dans une chorégraphie bien huilée de somptueuses prises de vues du fleuve, sous des airs très mélodieux et lyriques du chanteur congolais Lokua Kanza. La caméra balaye par moments le fleuve à une allure rapide qui donne de l'intensité au film et renforce le pouvoir mystérieux de cours d'eau. Oui, s'il sert de moyens de locomotion, le fleuve Congo n'en demeure pas moins riche d'anecdotes, souvent douloureuses.

Le réalisateur rappelle par exemple que c'est en traversant le fleuve Congo que l'ex-premier ministre Patrice Lumumba a été arrêté puis exécuté. De même, le film montre comment l'ex-dictateur, Mobutu, vouait un culte à ce fleuve au bord duquel il avait bâti des châteaux qui sont aujourd'hui des ruines.

Thierry Michel entretient davantage l'ambiguïté autour de ce fleuve. Autant, il étale sa splendeur et son importance dans le trafic humain et des marchandises, autant il rappelle, avec fracas, que le fleuve Congo est aussi une redoutable passerelle vers la mort. En plus d'exposer au risque de la maladie du sommeil, qui fait de nombreuses victimes dans ce pays, il peut engloutir également des vies humaines, comme ces 250 hommes, femmes et enfants, emportés, le temps d'un naufrage par le fleuve.

Yacouba Sangaré
(Côte d'Ivoire)

Article paru dans le Bulletin Africiné n°05 (FESPACO 2007), du Mercredi 28 février 2007, page 5.

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