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rédacteur
Fortuné Bationo
publié le
15/03/2007
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Les Afro-allemands en quête d'identité
Yes I am, de Sven Halfar (Allemagne)
Bulletin Africiné n°05 (FESPACO 2007), du Mercredi 28 février 2007

Ils sont Allemands mais une partie d'eux-mêmes vit cette appartenance comme un doute permanent. Issus d'un père noir et d'une mère allemande, les Afro-allemands sont déchirés entre deux cultures qui leur renvoient sans cesse le miroir d'une identité à construire. Entre conquête de soi et rêves dérisoires, le remarquable documentaire de Sven Halfar, rythmé de musiques rap, s'attarde sur les blessures vives ressenties par cette minorité rattrapée par les clichés et autres stéréotypes brodés sur les Noirs. Autant de drames poignants et de conflits singuliers vécus par Flame, Mamadee et Adé. Tous trois ont rejoint l'âge adulte sans la présence de leur père. Si la couleur de la peau les rassemble, leur parcours personnel décrit des êtres totalement différents dans leur façon de se forger une identité. À l'exubérance de Flame s'oppose la nature méditative de Mamadee qui a grandi en ex-RDA. Elle garde à l'esprit le passé du foulard rouge des "pionniers Thälmann". D'où le choc qu'elle a vécu à l'effondrement du mur. Adé, lui, se projette un avenir au Nigeria, le pays de son père. Il s'identifie tellement à ce pays qu'il n'hésite pas à franchir le pallier du sacrifice rituel sous les yeux surpris de son fils. Après le meurtre en Allemagne d'Alberto Adriano, un Noir, les pas des trois protagonistes vont se croiser. Avec d'autres Afro-allemands, ils vont créer un groupe musical, "Brothers Keepers". Leur mission : investir les écoles d'ex-RDA, ce sol fertile pour les groupes d'extrême droite et de néo-nazis, pour expliquer en quoi ils sont profondément allemands et qu'en dehors de ce territoire, ils n'ont nulle part où aller.

L'originalité de ce documentaire réside dans son refus d'une classification manichéenne. Du Nigeria à l'Allemagne, les destins peuvent s'écrouler et supprimer des liens forts. Mais la frustration est plus durement ressentie en Allemagne, plus généralement en Europe, parce que leurs vies s'y déroulent avec son lot d'expériences concrètes. Tandis que l'Afrique reste l'eldorado offert à l'imaginaire, une sorte de carapace mentale où se retranche une soif de reconnaissance. Le film montre clairement que quelques-uns ont réussi à armer leur esprit contre les dérives et les mots acides.

Fortuné Bationo (Côte d'Ivoire)

Article paru dans le Bulletin Africiné n°05 (FESPACO 2007), du Mercredi 28 février 2007, page 6.

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