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rédacteur
Bassirou Niang
publié le
15/03/2007
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Le paradoxe de la misĂšre
Mieux vaut mal vivre que mourir, de Justine BITAGOYE et Gaudiose NININAHAZWE (Burundi)
Bulletin Africiné n°05 (FESPACO 2007), du Mercredi 28 février 2007

Le souhait de Nyandiwi, 18 ans, est de devenir mécanicien. Mais dans l'attente d'un destin heureux, il est obligé de vivre au dépotoir de Bujumbura, de fouiller dans les ordures pour trouver de quoi donner un sens à sa vie. "Je ne mendie pas, je travaille", dit-il. En substance, une vie lamentable vaut mieux que la mort.

Le dĂ©potoir, bien qu'ayant les attributs d'une montagne insolente de rejets, est capable de procurer des brins de joie Ă  ceux qui la cĂŽtoient au point de leur fournir mĂȘme le sentiment d'une existence acceptable. La confiance de la mĂšre du jeune garçon, Marguerite Nyabemda, souligne ce paradoxe : "Je suis contente de la vie que je mĂšne". Pourtant, elle a toutes les raisons d'ĂȘtre malheureuse : de ses douze enfants mis au monde, il ne lui en reste que deux, dont Nyandiwi. Celui-ci, par la dĂ©brouillardise et par l'habitude du mal-vivre, traque des objets mĂ©talliques en compagnie d'une horde d'enfants, concurrents de ses ambitions, pour se faire de l'argent. Ces objets sont revendus au marchĂ©, et les jours de bonne moisson sont perçus comme une bĂ©nĂ©diction de Dieu. Cette derniĂšre lui donne la force d'ĂȘtre gĂ©nĂ©reux : Nyandiwi, dans les moments de vaches grasses, offre des cadeaux Ă  ses voisins. Une humanitĂ© qui dĂ©fie la froideur du dĂ©potoir.

Incroyable mais vrai, dans le fil de ses confidences luit une joie Ă©tonnante : "ce qui m'a plu, c'est la viande de chĂšvre que les militaires sud-africains de l'ONU sont venus jeter au dĂ©potoir !" Une viande ramassĂ©e qui lui aura permis de gagner beaucoup d'argent pour pouvoir rire avec ses compagnons de condition. La musique de Bob Marley dansĂ©e dans la pĂ©nombre d'une chambre mal Ă©clairĂ©e par une lampe tempĂȘte souligne l'instant joyeux. Mais Nyandiwi sait que sa vie perdrait de son sens si elle n'Ă©tait meublĂ©e par la prĂ©sence d'une femme. Le manque de moyens compromet ce dĂ©sir, surtout quand il voit dĂ©pitĂ© les militaires de l'ONU plier bagage et emporter avec eux l'espoir des familiers du dĂ©potoir.

Bassirou Niang (Sénégal)

Article paru dans le Bulletin Africiné n°05 (FESPACO 2007), du Mercredi 28 février 2007, page 8.

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Mieux vaut mal vivre que mourir 2007
Justine Bitagoye, Gaudiose Nininahazwe


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Burkina Faso | Ouagadougou 01

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