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rédacteur
Yacouba Sangaré, Fatou Kiné Sène
publié le
20/03/2007
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Je n'entre pas dans la provocation
Trois questions à Jean-Pierre Bekolo, réalisateur des Saignantes
Bulletin Africiné n°08 (FESPACO 2007), du Samedi 03 mars 2007
Son film Les Saignantes a suscité des réactions multiples et a failli être censuré au Cameroun. En course pour l'Étalon d'Or de Yennenga, Jean-Pierre Békolo explique les motivations de son film.

Africiné : Pourquoi avoir choisi de donner dans la provocation ?

Jean Pierre BEKOLO : Je crois que la provocation c'est vous qui le dites. L'Afrique a tellement de problèmes que le fait d'être neutre est complice. J'ai le sentiment que tout le monde souffre. Et cette dureté, il faut la sentir et la rendre comme telle. Le cinéma que nous faisons commence à être trop complaisant. Ce qui fait que je me sens un peu racheté.Nous faisons du cinéma au nom du public. Il faut beaucoup plus d'humilité par rapport à cette posture là et être juste. Ça ne va pas bien. Et si je fais croire que ça va, alors que mon ton devrait être celui qui crie, c'est comme si je ne ressentais rien. Ce n'est donc pas pour moi de la provocation. La provocation serait d'être dans un milieu confortable. Mais, lorsqu'on est dans un milieu où les gens ont des difficultés, je crois que je suis politiquement correct.

Pensez-vous que le message est destiné aux cinéphiles d'aujourd'hui ?

Je pense que c'est le but. Le cinéphile d'aujourd'hui est mal éduqué dans le sens littéral du terme, parce qu'il est formaté pour consommer autre chose. Pour le déformater, il faut un choc. Même s'il est mal à l'aise, cela ne me gène pas. Je crois qu'il faut qu'il soit mal à l'aise. Les structures narratives des films comme on nous les propose ont la même structure que les films américains. Tous les ateliers d'écriture que l'on fait, c'est pour apprendre à écrire comme les Américains. C'est une façon d'écrire, car d'autres gens ont proposé des choses que l'on ne dit pas. Là, on nous fait croire à l'efficacité alors que ça ne l'est pas. On a des problèmes très graves et profonds qui méritent des cerveaux qui sont capables de les gérer.

Votre film est à la fois optimiste et pessimiste. Pourquoi cette ambiguïté ?

Non, ce n'est ambigu parce que c'est comme ça que je sens l'Afrique. Parfois, je suis découragé. Il y a des moments aussi où je ressens cette vitalité, cette créativité. Je me dis qu'il n'y a rien à être négatif. Ce n'est pas une ambiguïté, c'est une dualité. Je trouve que l'Afrique a toujours bien géré l'ambiguïté et la dualité.

Interview réalisée par
Fatou Kiné Sène (Sénégal)
et
Yacouba Sangaré (Côte d'Ivoire)

Article paru dans le Bulletin Africiné n°08 (FESPACO 2007), du Samedi 03 mars 2007, page 8.

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