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rédacteur
Fortuné Bationo
publié le
30/03/2007
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Le terrible fardeau des enfants-soldats
Les frères Kadogo, de Joseph Muganga (Rwanda)
Le Goethe Institut d'Abidjan a projeté le 16 mars le moyen métrage de 52 min du réalisateur Joseph Muganga, lauréat du Grand Prix TV vidéo à la XXème édition du Fespaco 2007.

Derrière la fumée de la drogue, leur enfance s'est égarée. On n'est jamais enfant-soldat sans foutre en l'air sa candeur, sans sacrifier à l'appel fatal de la dépendance. Jim, Tom et Billy l'apprennent à leurs dépends et tout le film de Joseph Muganga retrace par bribes cette impasse lancinante. La drogue, c'est le moteur de la cruauté, c'est l'étoffe avec lequel on construit sa prison. Si dans Ezra, étalon d'or de Yennenga cette année au Fespaco, la drogue est le diminutif absolu du diable, Joseph Muganga adoucit, lui, sa folle dictature en aménageant en sourdine des lueurs d'espoir. Jim vole, mais simplement pour répondre à l'appel du besoin. Il ne désire que de quoi survivre. Si dans le long métrage Ezra, les gros plans remplacent parfois la parole, dans Les frères Kadogo les mots se jettent à corps perdu dans la progression du récit, laissant émerger un champ lexical puisé au fond de la guerre. Pour Billy malade, "ce sera le corps chaud comme une kalachnikov". Tout le vocabulaire se réduit à l'univers maudit du treillis et des armes qui crépitent. À l'enfermement mental succède la prison verbale. Mais dans ce schéma justement, l'ancien assistant de feu Henri Duparc ne va trahir la leçon du maître : l'humour apporte sa touche exquise à ce drame dont le fin mot est loin de faire rire aux éclats. Explication : l'heure de la paix a sonné dans une République non identifiée, mais le chapitre de la démobilisation n'a pas l'onction de tout le monde. Livrés à l'obligation de repartir à zéro sans aucun soutien, les frères Kadogo se retrouvent désarmés face aux défis de la reconversion. La drogue les poussera un peu plus dans le vide d'une errance ourdie par la société. Le film accroche du début à la fin et met en lumière les vies volées d'enfants qui rêvaient d'un avenir différent.

Fortuné BATIONO

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