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rédacteur
Espéra Donouvossi
publié le
07/05/2007
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Et si le fleuve était un mal ?
Faro, la reine des eaux, de Salif Traoré (Mali)

"C'est dangereux". Cette première phrase qui a ouvert le dialogue de cette œuvre filmique de Salif Traoré laisse entrevoir tout le danger qu'il a dans la mystification des ressources naturelles africaines. Le fleuve qui sous d'autres cieux constitue une richesse pour les activités économiques d'un pays est malheureusement pour une population renfermée sur elle-même, le bouc émissaire pour justifier et diviniser les pratiques traditionnelles obsolètes qui retardent le développement de l'Afrique. Ces pratiques qui, par des considérations arbitraires et subjectives adoptent malheureusement une politique d'exclusion où des valeurs potentielles sont écartées pour le malheur de toute une population. Zan fut malheureusement chassé du village où il est né tout simplement parce que son père n'est pas connu : enfant bâtard. Un enfant, tout bâtard soit-il, n'est-il pas né d'un père ou d'une mère ? N'a-t-il pas le droit de vivre et de faire valoir ses potentialités pour l'épanouissement de son village ? Être enfant bâtard signifie-t-il une exclusion d'une société qui a besoin de ses fils et de ses filles pour émerger ? N'a-t-il pas droit à l'amour et à la vie ? Autant de questionnements qui interpellent la conscience collective et doit faire réfléchir tout conservateur de la tradition qui aujourd'hui a une nécessité de conservation de la tradition et aussi l'obligation de la mettre sur la bonne voie du développement. Faro, la reine des eaux est la toute dernière des réalisations du malien Salif Traoré, un long métrage qui a servi d'ouverture de Gala à la 20ème édition de FESPACO 2007 a bénéficié d'une écoute active et d'émotion. Le réalisateur a restitué une image de l'Afrique dont il ne se fait pas critique et qu'il n'a aucune envie de situer dans un contexte antithétique mais seulement interpeller. Une tradition fortement représentée par le réalisateur dans son film par le milieu du tournage du film, l'état dégradé des agglomérations et les activités pratiquées comme la pêche dans le village sont autant d'aspects qui montrent une tradition symboliquement représentée. Et ce n'est pas la vieille qui revient dans le film du début jusqu'à la fin qui nous démentirait. Elle incarne vivement et véritablement cette tradition vieillie qui ne dit plus rien et qui n'exige plus rien et au nom de qui on parle. Mais face à ce mépris arbitraire dont est victime Zan, il essaie de dissuader tout un chacun de la nécessité de faire table rase des histoires à dormir debout qu'on raconte au nom de l'innocente tradition. Les injures dont il est victime n'a en rien baissé sa volonté de se mettre au service de son village. Il n'a pas aussi manqué de dissuader la jeune Penda obsédée par des préjugés sur le fleuve qui ne contient que de l'eau utile aux activités des villageois afin de l'amener à se séparer de cette fausse conception qu'elle a de l'eau et qui constitue son mal. On ne souffre que de ce qu'on croit et Penda finalement a compris cette maxime et elle est désormais prête à se départir de cette fausse croyance tout comme les femmes qui sont révoltées à un moment donné pour dénoncer le traitement injuste fait aux femmes.
L'accouchement a été difficile mais le bébé est là avec son acceptation par le public du Fespaco 2007 visiblement ému par cette œuvre dont le premier scénario a été réalisé en 1995 et définitivement monté le 26 février 2006. Le film doit-il sa qualité à sa durée de réalisation ?
On ne saurait le dire exactement mais la réaction du public burkinabè à la fin de la projection montre clairement une satisfaction et donne un satisfecit à son réalisateur, même si la fin du film plonge le spectateur dans un profond questionnement.

Espéra G. DONOUVOSSI (Bénin)

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