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rédacteur
Yohanès Akoli
publié le
07/05/2007
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Un complot impérialiste
Lumumba, de Raoul PECK (Haïti)

"Nous avons connu des humiliations, des injures et des coups que nous devions subir matin midi soir parce que nous étions des Nègres". Raoul Peck est de la nouvelle génération de cinéastes engagés à réécrire autrement l'histoire authentique de l'Afrique Noir par la plume de la caméra. D'origine haïtienne, les parents de Raoul Peck ont fui la dictature de Duvalier pour s'installer au Congo. Le Congo est-il épargné par ce système politique qui façonne les peuples comme les marionnettes facilement maniables par les gouvernants et les anciens maîtres impérialistes? Le dossier LUMUMBA, dirait l'autre, est un complot impérialiste. Mais pendant très longtemps, ces vérités sont restés cachées sur le mythe qui entour la mort de Patrice Emery Lumumba, de son vrai nom OKITA ZOMBO. Cependant la pensée de Lacan vient d'être confirmée à travers ce film superbement réalisé par Raoul Peck lorsqu'il dit : "lorsqu'une vérité dans la vie quotidienne ou dans l'histoire est barrée, elle ne s'évanouit pas pour autant. Elle subsiste, mais elle s'exprime dans de nombreux registres, ailleurs et sous des formes secrètes clandestines."
À cet effet, la thématique développée dans Lumumba est simple. Il s'agit de l'héritage de la dictature post-coloniale. Relevant du genre historique, c'est un film puissamment biographique où le réalisateur consacre l'essentiel de son propos à l'évocation d'un personnage célèbre dont l'existence est avéré par l'histoire : "celui que nous appelons l'héros national, Patrice Emery Lumumba dit Mobutu. D'abord interrogeons nous sur ce qui fait la trame même de ce long métrage de 115 minutes ? Il s'agit d'un jeune nationaliste, autodidacte et idéaliste, Patrice Lumumba. Héros de l'indépendance congolaise, premier chef de gouvernement du nouvel État indépendant, il n'a que 36 ans lorsque les premiers soubresauts d'une décolonisation bâclée le propulsent sur le devant de la scène politique internationale. De fonctionnaire indigène au poste de Stanley ville, en passant plusieurs séjours en prison, Lumumba deviendra l'homme politique le plus vilipendé. Tout simplement Lumumba voulait imposer sa vision, celle de la cohésion de l'Afrique : "l'Afrique est un tout, nous devons dépasser le provincialisme". Ce regard sera malheureusement mal accueilli par ces frères avec qui ils avaient mené le combat pour l'indépendance du Congo. Que l'avant et l'après indépendance n'ait pas la même connotation ! Sera-t-il compris ? Vite, il sera traité de nationaliste, de communiste…ce qui annonce de facto sa mort dans un futur proche dont il avait même pris conscience. Publiquement, on peut entendre Tshombé, l'une des figures de proue de cette révolution anti-lumumbiste dire :"on sait que votre gouvernement est un ramassis d'extrémistes, et sachez qu'on va s'opposer par tout les moyens à la structure unitaire que vous voulez imposer par force au pays".Toutefois, comme on le dit très souvent qu'un mal ne vient jamais seul, le réalisateur a su montrer à travers certaines scènes l'implication de la Belgique et surtout des États-Unis dans la mort de Patrice Lumumba. Par exemple nous avons vu dans une scène vers la fin du récit, Timbelek -ambassadeur des États-Unis au Congo à l'époque dire au chef d'état major Joseph Mobutu ceci " Il faut un homme pour prendre les choses en main, je suis chargé de tout vous garantir ". Que nous cache cette affirmation ? Du moins on ne saurait le dire pour l'instant.
Par ailleurs, le film de Raoul Peck soulève plusieurs interrogations quant à sa vertu esthétique et pédagogique. L'utilisation fréquente de la" voix off". C'est peut-être l'une des caractéristiques du cinéma africain, comme on le retrouve dans Borom Sarret de Sembène Ousmane où le rôle de conscience du village est confié au griot. "Même mort je leur faisais encore peur..." ; cette voix en off d'Eriq Ebouaney a fait que le récit a eu plusieurs rebondissements dans son déroulement. Ce choix de Raoul Peck, constitue à mon avis, la conscience du film, la conscience de l'Afrique troublée cette nuit par cet événement macabre, celui de la disparition de l'un de ses fils.
Le premier rôle (Lumumba) a été bien joué et le niveau du dialogue est fort appréciable. Quant à la musique du film, elle est tout à fait originale. Les sensations qu'elle donne, conjuguée à la voix off, font donc progresser le film de l'ouverture jusqu'à la chute. Il y a beaucoup d'autres symboles dans le film. "La pluie " "les nouvelles radiophoniques"… ont donné bien évidemment aux spectateurs à sentir et à goutter le bruitage. L'alternance de la lumière et la variété des couleurs ont imprimé un rythme remarquable au film.
Somme toute, ce long métrage puissant de Raoul Peck, basé sur un scénario très captivant est un chef-d'oeuvre qui est, et qui restera encore figé dans les mémoires de la génération consciente du peuple congolais en particulier et de l'Afrique en général.

Yohanés Akoli (journaliste Togo)

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