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rédacteur
Jean-Marie Mollo Olinga
publié le
26/03/2008
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Les laideurs d'une terre d'accueil
Lettre du Sahara, de Vittorio de Seta (Italie)
Les journées du cinéma italien (15 > 17 janvier 2008, Yaoundé, Cameroun)
Les journées du cinéma italien ont été ouvertes le mardi 15 janvier 2008 à Yaoundé par Lettere dal Sahara (Lettre du Sahara) de Vittorio de Seta, projeté à 18h et à 20h au Ccf.

Après la mort de son père, un jeune Sénégalais, Assane Kébé (Djibril Kébé), arrête ses études pour émigrer vers l'Italie. Pour ce faire, il bravera et le Sahara, et la mer. Sauvé d'un naufrage par les garde-côtes italiens après avoir été jeté par-dessus bord avec d'autres passagers, il s'enfuira près de Naples où Makhtar, son cousin, lui a promis du travail. "Je n'ai pas traversé le Sahara pour qu'on me ramène avec des menottes", dit-il.

Vittorio de Seta s'est illustré dans le septième art par de courts documentaires : Le temps de l'espadon ; Iles de feu ; Soufrière ; Pâques en Sicile ; Paysans de la mer ; Bergers d'Orgosolo, Bateaux de pêche, Une journée en Barbarie, Les Oubliés, etc. Avec Lettre du Sahara, il réalise l'un de ses longs métrages de fiction, où les stigmates du mouvement néo-réaliste italien, dont il est l'un des rares survivants, sont on ne peut plus visibles. Le film n'est-il pas tourné en décors naturels, dans la rue, et avec des comédiens non professionnels ? Pour la petite histoire, Assane est informaticien dans la vie ; Salimata, mannequin, et sa mère, vraiment française ; ce que de Seta exploitera dans son film. Un film humain, non-conformiste, peignant des marginaux et des pauvres (autres survivances du néo-réalisme), qui, entre autres personnages, retrace l'aventure d'un immigré, pour mettre en exergue les laideurs d'une terre d'accueil.

Lorsqu'il débarque en Italie, Assane est accueilli aux environs de Naples par les siens. Il se situe à ce niveau dans le prolongement de son village natal. Bien que vivant désormais en terre étrangère, ils ont reconstitué leur cocon familial. Mais, ici comme là-bas, au Sénégal, "c'est un enfer, c'est pas une vie". Et pour ne pas désespérer ceux qui sont restés au pays, Assane est obligé de mentir. Dans la lettre à sa mère. Il vit dans la misère, de petits boulots en petits boulots.
Recueilli par sa cousine Salimata, il la regarde avec les yeux de son éducation sociale, religieuse, et de sa coutume. "Tu ne peux pas juger ce que tu ne connais pas", lui reproche-t-elle. Assane ne serait-il pas un inadapté, un individu ayant perdu ses repères, et refusant de s'intégrer dans sa nouvelle société ? "C'est pas une vie, il faut toujours se sauver".

Lorsque, enfin, il rencontre Caterina, une Italienne, non seulement il se retrouvera avec elle dans la situation qu'il dénonçait chez Salimata, mais, plus grave, leur amitié se révélera porteuse de malheurs. Cependant, de cette relation, il retiendra qu'il existe encore des Blancs humains. "Ne pense pas à ceux qui t'ont blessé, vas voir ceux qui t'ont aidé", lui dit son enseignant de philosophie, comme pour lui conseiller la tolérance et le pardon que prêchent et le Coran, et la Bible.

De retour au Sénégal, en relatant ses épreuves aux petits enfants, sous l'instigation de Thierno Ndiaye, son professeur d'université, n'est-ce pas pour les prévenir des dangers d'une vie aventureuse telle que celle d'un immigrant clandestin ? Dans cette partie, le film de fiction se mue en film ethnologique façon Jean Rouch, pour rendre compte du quotidien des habitants de Ziguinchor. En captant ainsi le réel, Vittorio de Seta renoue avec ses premières amours cinématographiques, celles du cinéma documentaire : chassez le naturel, il revient au galop.

Sans être un chef-d'œuvre technique, Lettre du Sahara est une belle histoire racontée avec quelques insuffisances (par exemple, le spectateur aurait aimé savoir quand et où Assane a appris l'italien qu'il parle dès les bureaux des garde-côtes) et quelques longueurs. Pendant 113 mn, le vieux cinéaste italien, par-delà l'art authentiquement populaire qu'est le cinéma, sert le réel d'une manière concrète, dans une œuvre de fiction.

Jean-Marie Mollo Olinga

Article paru au quotidien Le Jour

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