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rédacteur
Meriam Azizi
publié le
05/06/2008
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Rabah AMEUR-ZAÏMÈCHE, cinéaste


Wesh wesh, qu'est-ce qui se passe ?


Bled Number One


Mériam AZIZI

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Adhen (Dernier Maquis), de Rabah Ameur-Zaimeche
Être musulman en France
Festival Cannes 2008. 40ème Quinzaine des Réalisateurs
Rabah Ameur-Zaimeche n'a pas dérogé à ses principes. Dernier Maquis conserve ce même esprit de militantisme et ce regard perspicace sur l'état de la communauté musulmane en France. Depuis Wech Wech et Bled Number one, l'univers de Rabah Ameur-Zaimeche s'est davantage confirmé et distingué par sa singularité et son inventivité fictionnelle. Après l'émigration, c'est le rapport à la religion au sein de cette catégorie qui est ici, reporté à l'écran. À l'instar des films précédents, gravité et humour se chevauchent et s'interpénètrent avec maîtrise et harmonie. Cette variation de tons, fidèle à la réalité, confère à la fiction un air de documentaire. Dernier Maquis, tout en mettant en scène le quotidien d'ouvriers au travail, soulève la question de la religion, de la misère et de l'endoctrinement, des thématiques non sans le pouvoir d'interpeller qui que ce soit de nos jours.

Plusieurs choix narratifs contribuent à l'originalité du film malgré un sujet commun. Un seul lieu de tournage, absence de personnages féminins, proximité avec un aéroport. Tant de contraintes qui, au lieu de constituer un risque d'échec auprès du public, ont consolidé la subtilité du traitement du sujet. Loin des HLM où la question de la religion est plus représentée, Rabah Ameur-Zaimeche a choisi pour seul décor un garage en région parisienne, dans une zone industrielle semblant abandonnée, avec des cuves de carburant, un canal, des avions qui passent. L'endroit est transformé en plateau composé de mille milliards de palettes rouges constamment en mouvement par l'intervention de l'activité humaine. Rabah Ameur-Zaimeche procède par touche.
Au tout début, on s'attarde sur un homme en combinaison blanche teintant un mur de palettes en rouge ce qui fait penser à un documentaire. La remarquable séquence qui suit annule la probabilité de cette piste dès lors qu'elle correspond à l'entrée dans la fiction. Il s'agit de la discussion entre Titi et El Haj qui pose d'emblée le ton du film et à laquelle le scénario accorde presque un temps réel. Des plans d'ensemble nous plongent dans une microsociété d'ouvriers maghrébins et africains ; un échantillon de la communauté musulmane résidente en France où être bon musulman est devenu une affaire de compétition. De Titi, un collègue qui s'est circoncis tout seul dans sa salle de bain pour prouver sa bonne intention de se convertir à l'islam, à la querelle qui a divisé le groupe en deux entre partisans de l'imam El Haj et alliés de l'imam Titi. Il faut dire que leur chef (joué par le réalisateur), coopératif en apparence mais en vérité, manipulateur, leur a fait construire un masjid pour s'y réunir et faire la prière. Rien n'est pour leur confort spirituel, il s'agit de les maintenir productifs. C'est ici que le réalisateur introduit l'ancienne dialectique du religieux et de l'économique propre à la pensée marxiste. Au lieu de divertir l'ouvrier par le sport ou la musique, ce qui était le cas dans les pays communistes, on le fait supporter son exploitation par la promesse du paradis. C'est ce point-là que semble critiquer R.A.Z. Plusieurs indices témoignent de cette tendance : Le choix de travailleurs étrangers, de mécaniciens et d'un chef de village, une composante importante du prolétariat d'aujourd'hui. Et puis il y a Mao, le patron musulman qui ouvre une mosquée et désigne sans aucune concertation l'imam.
Le silence du décor et l'absence périodique du dialogue, sont compensés par un cadrage chargé de significations. Le scénario réussit la gageure d'imprimer dans l'esprit du spectateur des images qui sondent le subconscient. À l'instar du plan sur ce mur de palettes rouges derrière lequel une rangée d'ouvriers ont choisi leur endroit de prière. Est-ce pour canaliser leurs appels vers là-haut ou plutôt pour mimer l'aveuglement des manipulés ?
Autre clin d'œil du parti pris du réalisateur concernant l'emprise d'un système économique aujourd'hui : l'entrechoquement des idéologies et des inimitiés dans le monde du travail à travers l'épisode de la grève d'une poignée d'ouvriers contre la décision du licenciement pour fermeture de l'entreprise. Ici, le droit au pain écrase le religieux. Le garage est désormais une jungle où le lion est traqué par le reste de la faune.

Meriam Azizi

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