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rédacteur
Jean-Marie Mollo Olinga
publié le
03/10/2008
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Jean-Marie Mollo Olinga


Pousse pousse, de Daniel Kamwa, 1975


Daniel Kamwa


Muna Moto, de Jean-Pierre Dikongué Pipa, 1974


Le Cercle des pouvoirs, de Daniel Kamwa et Jules Takam, 1997


Mâh Saah-Sah, de Daniel Kamwa, 2008

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Pousse-Pousse, de Daniel Kamwa
Une dot pénible à pousser
La série du jour: les dix succès du cinéma camerounais. 2/10
Sur 10 numéros du quotidien Le jour, nous proposons une série relative aux 10 films camerounais à succès. Il y est question d'anecdotes et de petites histoires ayant émaillé leur tournage. Vous allez certainement vous interroger sur les critères retenus pour sélectionner ces 10 films. De but en blanc, nous vous répondrons qu'ils sont subjectifs. Néanmoins, qu'il vous plaise de savoir que certains journalistes basent leur système d'évaluation sur le total des entrées, d'autres sur le nombre de prix remportés, et les derniers sur la qualité intrinsèque des œuvres produites. Nous avons tenté le pari de prendre en compte tous ces critères. Et si nous ouvrons notre série par Muna Moto de Jean-Pierre Dikongué Pipa, ce n'est guère parce qu'il est le meilleur d'entre eux ; c'est tout simplement parce qu'il faut bien commencer quelque part, bien que ce film fasse partie, aujourd'hui, des œuvres majeures de la cinématographie africaine ; un classique en somme..
J-M.MO.

Première œuvre cinématographique camerounaise à avoir été distinguée sur le plan international, le film de Jean-Pierre Dikongué Pipa a remporté l'Étalon de Yennenga au Fespaco de Ouagadougou en 1976.

Pousse-Pousse de Daniel Kamwa est le tout premier film camerounais à avoir dépassé les 20.000 entrées.
Comme Muna Moto de Dikongué Pipa, Pousse-Pousse de Daniel Kamwa, tourné en 1975, traite de la dot. Si le premier a été salué par l'ensemble de la critique cinématographique, le second a retenu l'attention du public. Les premières soirées de projection du film de Kamwa, à Yaoundé et Douala, ont totalisé 24.000 entrées. Un record ! Devant un tel succès populaire, Kamwa va exporter son film vers la Côte d'Ivoire et le Sénégal. Là-bas, le succès de cette comédie de mœurs est le même qu'au Cameroun.

De style ambigu, Pousse-Pousse est une comédie-ballet qui relate l'histoire d'un conducteur de triporteur, Pousse-Pousse. Il veut épouser Rose, qu'il aime. Mais il faut payer la dot à Papa Bisséké, le père, qui entend tirer un profit excessif de cette coutume. Comédie, gaieté et vivacité sont au rendez-vous de cette fiction, pour illustrer l'émancipation de la femme en Afrique.

L'actrice principale s'est tant et si bien approprié ce phénomène d'émancipation de la femme qu'elle a failli compromettre le tournage d'une séquence majeure du film. Daniel Kamwa raconte ces quelques moments assez rocambolesques : "Dans la scène du passage à niveau, Pousse-Pousse, sur son triporteur, doit croiser sa fiancée Ndomé sans pouvoir la voir, à cause du passage concomitant du train. Pour des raisons de sécurité et de régulation du trafic, nous ne pouvions disposer d'un train, et devions par conséquent nous organiser en fonction de l'horaire officiel du seul train de passagers de la journée. Ce train-là partait de la gare de Douala pour Yaoundé, avec un arrêt à la gare de New Bell. Il mettait très peu de temps avant d'atteindre le fameux passage à niveau de la Pharmacie du Rail. Le chef de gare, pour nous aider, avait accepté de retenir sa machine 10 minutes de plus que le temps d'arrêt habituel à la gare de New Bell, et on avait convenu d'un code sonore qui devait être actionné juste avant que la locomotive ne s'élance. Mais, voilà qu'à l'heure H, la scripte et moi, on constate que Ndomé, "notre vedette", a cru bien faire de modifier sa coiffure, sans rien dire à personne. Or, cette coiffure, comme sa robe et ses parures, devait absolument être raccord avec des plans tournés quelques jours plus tôt dans la même tenue. De rage, je l'éjecte du taxi qu'on avait loué pour les besoins de la scène, et l'entraîne fermement dans la pharmacie du Rail où notre coiffeuse avait tenté, fébrilement, de réparer les dégâts en se servant des photos-témoins conservées par la scripte. Hélas! On n'était pas encore au temps du téléphone mobile. Quand nous sommes sortis, nous n'étions plus que de simples spectateurs regardant le train passer fièrement, agrémentant ses crissements de ferraille de coups de sifflet stridents... Et il ne nous restait plus qu'à programmer le tournage de cette scène pour un autre jour".

Né en avril 1943 à Nkongsamba, Daniel Kamwa a suivi une formation de comédien à Paris. En 1973, il passe de l'autre côté de la caméra en tournant son premier court-métrage, Boubou cravate. Il a réalisé ensuite des longs métrages, dont Pousse-Pousse (1975), Le Cercle des pouvoirs (1997), dont il est l'acteur principal, et Mâh Saah Sah (2008), entre autres.

Jean-Marie Mollo Olinga

Article paru dans le quotidien Le jour (www.lejourquotidien.net)

Fiche technique
Titre : Pousse-Pousse
Film camerounais en couleur
Réalisateur : Daniel Kamwa
Acteurs : Arlette Din Bell, Daniel Kamwa, Madeleine Happy, Paulinette Mpacko, Bibi Kouo, Marcel Mvondo II, Marthe Ndone Ewane
Durée : 1h50
Année : 1976

Prochain article (III) : Les coopérants d'Arthur Si Bita

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   liens films

Boubou cravate 1972
Daniel Kamwa

Cercle des pouvoirs (Le) 1997
Daniel Kamwa, Jules Takam

Ma Sâsâ (Mâh Saah-sah) 2008
Daniel Kamwa

Muna Moto | Enfant de l'autre (L') 1974
Jean-Pierre Dikongué Pipa

Pousse pousse 1975
Daniel Kamwa


   liens artistes

Dikongué Pipa Jean-Pierre


Kamwa Daniel


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