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rédacteur
Godefroy Macaire Chabi
publié le
12/11/2008
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Godefroy M. Chabi


Eriq Ebouaney


Aïssa Maïga


Djimon Hounsou


Isaach de Bankolé


Wesley Snipes


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L'Afrique manque d'acteurs

C'est le genre d'affirmation qui dérange certaines personnes. Accrochées qu'elles sont à une philosophie du chauvinisme et à la défense parfois irraisonnée de l'indéfendable. Mais il faut parfois en avoir le courage. À vrai dire, il peut paraître exagéré d'être aussi catégorique dans la pensée lorsqu'on a déjà vu sur les écrans Eriq Ebouaney, acteur d'origine camerounaise, personnage-clé du film Lumumba de Raoul Peck ou la Sénégalo-malienne Aïssa Maïga dans Bamako d'Abderrahmane Sissako pour ne s'en tenir qu'à eux. Sans aucun doute, la maîtrise et le talent sont là. Pas d'écart significatif entre ce qu'ils font et les attentes du cinéphile. Exacerber la joie quand il le faut, incarner le désarroi quand c'est exigé. Bref, ils ont appris à traduire les sentiments. Le travail à l'écran s'apparie fort bien avec la volonté du public et sa passion. On peut s'amuser à citer d'autres exploits du genre. Mais, gardons nous de penser que tous ceux qui se montrent à l'écran sont bons. Une pénurie qui retarde d'ailleurs l'émergence encore en Afrique d'un vrai cinéma d'acteurs. Il y a quelques années, certains observateurs ont affirmé ceci "si un Africain a émergé, c'est qu'il joue pour les Américains". Voyons bien que c'est une lapalissade, rien qu'en suivant l'exemple de Djimon Hounsou, le Béninois et Isaac de Bankolé, l'Ivoirien. Dans les grands gothas internationaux de films, il est quasiment choquant de ne rien voir de lumineux sur l'Afrique. L'acteur donnant au film son éclat (d'une certaine façon), le cinéma en Afrique aurait pu se avoir de l'entregents relancer s'il avait pu s'adosser sur une génération d'acteurs étincelant, crevant l'écran et faisant sortir les spectateurs pour leur donner une certaine envie de voir et de revoir.

Mais il faut pour ceci, beaucoup de conditions : partir de quelque part. Cela m'inspire tout le travail en amont réalisé au théâtre et sur le petit écran pendant des décennies par Eric Blanc (Blanc par provocation, car ce Béninois d'origine a comme patronyme originelle Dégbégni) avant d'évoluer vers le grand écran. Foncièrement, le problème est à analyser sous un double prisme. Quels acteurs on recrute pour le cinéma et comment les recrute t-on ? Cette interrogation chacun pourra y trouver une réponse pour enfin appréhender les causes. Car effectivement, il y a une relation de causalité dans la situation de la cinématographie en Afrique. Très souvent, de brillants acteurs sortis du théâtre sans penser à la bonne transition se dirigent vers le cinéma, oubliant que les deux genres obéissent à des formes esthétiques et à des contraintes spatiales différentes.

S'il est bien vrai qu'on a souvent reproché aux réalisateurs africains de la rigueur dans la recherche des thèmes et leur traitement, (ce qui contribue à faire de leur cinéma un petit cinéma), il faut désormais que la grille d'appréciation du film s'élargisse. Le public doit éviter, comme malheureusement nous le remarquons à la fin de chaque projection, d'anathématiser de la critique populaire le réalisateur. Rarement, c'est le cas en Afrique. Mais avec les évolutions et mondialisation de la culture, il est important que désormais un accent prononcé voire impitoyable soit mis sur le jeu des acteurs. Même si là aussi le réalisateur aura quoiqu'on dise à s'expliquer sur sa responsabilité. C'est le rôle aussi de la critique structurée de films de savoir prendre son rôle dans ce jeu.

C'est alors qu'intervient la sempiternelle idée de la formation des acteurs au cinéma. Quand on a du talent au théâtre, on peut devenir piètre au cinéma, si l'on ne prend aucune précaution. Même s'il est répandu que pour faire carrière devant la caméra, il faut transiter par le théâtre, Francis Huster, talentueux acteur de théâtre français, comédien dans Le dîner de cons aux côtés de Jacques Villeret a pleinement relativisé la chose. "On ne peut comparer un acteur de cinéma et un acteur de théâtre, comme on ne peut pas comparer quelqu'un qui fait du golf et un recordman du cent mètres en athlétisme. Le théâtre, comme il le souligne "c'est du music-hall avec un texte écrit. Par contre au cinéma, c'est autre chose".

Malheureusement, les écrans en Afrique sont largement pris d'assaut par des figures des planches qui pour être un jour Indiana Jones, Jean-Claude Van Damme, Wesley Snipes, Angelina Joly et les autres doivent se surpasser. Les quelques écoles sur le continent vont peut être bénéfiques aux castings à venir.

Godefroy Macaire CHABI

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