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rédacteur
Michel Amarger
publié le
27/11/2008
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Michel Amarger


Jean-Stéphane Sauvaire © www.unifrance.org




Jean-Stéphane Sauvaire reçoit ici le Grand Prix du festival "2morrow", (Moscou) dont la deuxième édition s'est tenue du 17 au 20 octobre 2008.Johnny Mad Dog. Prix remis par le président du jury Abel Ferrara. Le film, acheté par la société Kino Biez Granitz, sortira en Russie en avril 2009. © www.unifrance.org


Emmanuel Boundzeki Dongala


Bè Kunko, de Cheick Fantamady Camara, 2004


Cheick Fantamady Camara


Ezra, de Newton Aduaka, 2007


Newton Aduaka

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Johnny Mad Dog
Focus sur des enfants-soldats déchaînés
LM Fiction de Jean-Stéphane Sauvaire, France / Libéria / Belgique, 2008
Sortie France : 26 novembre 2008

Le sort des enfants-soldats interpelle logiquement des cinéastes africains. Après quelques documentaires sur le sujet, Be Kunko du Guinéen Cheick Fantamady Camara, 2004, et Ezra du Nigérian Newton I. Aduaka, 2006, développent des regards plus distanciés sous forme de fiction. Parallèlement, des Européens envisagent à leur manière, la condition de la jeunesse, engagée dans les conflits africains. En France, François Margolin signe un documentaire sur les enfants-soldats puis Jean-Stéphane Sauvaire se fait remarquer au Festival de Cannes 2008, avec une fiction lancée comme "un film électrochoc" : Johnny Mad Dog.

Les péripéties de Johnny, guerrier de 15 ans, bardé d'armes, de gris-gris, hargneux comme le "Chien Méchant" qui l'habite et lui sert de nom, prennent vie dans un pays d'Afrique, ravagé par une guerre civile. Avec son commando pittoresque et violent dont les jeunes sodats, affublés de tenues décalées, se nomment No Good Advice, Young Major ou Small Devil, Mad Dog seconde les forces rebelles qui visent le palais présidentiel. Il avance pour nettoyer la ville en pillant les population, abattant les adultes suspects, enrôlant des enfants obligés de tuer leurs parents pour intégrer les combattants, violant les femmes rencontrées.

Cette marche en avant dévastatrice croise la retraite de Laokolé, une fille de 13 ans qui essaie de fuir la ville avec son père infirme. C'est en bout de course, après la victoire, quand les chefs rebelles ont intégré les nouvelles forces gouvernementales, renvoyant sans ménagement les enfants-soldats vers un futur incertain dans la vie civile, que les deux adolescents s'arrêtent et se font face. La violence change alors de camp avec la colère de Laokolé, butant sur le désarroi de Johnny désarmé.

Ce régit agité, à l'accent moral, qui suit de près les exactions impitoyables des enfants-soldats, est inspiré par le roman du Congolais Emmanuel Dongala, Johnny Chien Méchant. Il puise sa matière dans l'observation de la guerre civile qui a éclaté dans son pays à la fin des années 90. Cet ancrage documentaire est prolongé par le parcours du réalisateur, Jean-Stéphane Sauvaire, assistant sur des longs métrages, auteur de trois films courts avant de se faire connaître avec Carlitos Medellin, 2003, un documentaire sur les "enfants tueurs" évoluant dans les rues de la Colombie, gangrenée par les trafics d'armes et de drogues.

L'ambiance survoltée qui anime les bandes d'enfants armés est exacerbée par la mise en scène de Johnny Mad Dog. Avec une caméra portée nerveuse, un montage très découpé, des combats filmés de près, le film ménage des temps de repos avant les assauts et quelques têtes à têtes rudes, même entre les membres du commando. Conditionnés à se battre jusqu'au bout, endoctrinés par des adultes qui les poussent à se dépasser, persuadés d'être invincibles, les héros de Johnny Mad Dog sont des desperados. Mais aussi des machines de guerre destructrices.

L'énergie farouche qui se dégage des jeunes acteurs repose sur leur expérience. Car le casting est constitué d'enfants-soldats qui ont combattu au Libéria aux cotés des forces de Charles Taylor ou de celles du LURD. La préparation d'une quinzaine d'entre eux, pendant un an, pour figurer les personnages principaux s'est fait sous l'égide d'une fondation, établie à Monrovia pour la réinsertion des enfants touchés par la guerre civile. Le tournage de Johnny Mad Dog, soutenu par le gouvernement du Libéria, mais aussi le Ministère Français des Affaires Etrangères et l'ONU, a été encadré par une solide équipe de sécurité.

La production du film, due à la société créée par Mathieu Kassovitz, plus connu comme réalisateur, de La Haine à Babylon A.D, n'a pas lésiné sur les moyens pour faire de Johnny Mad Dog un spectacle provocateur, apte à questionner. Pourtant, en cadrant les enfants-soldats de manière souvent rapprochée, le film offre l'image d'un déchaînement de violence brutal qui peut repousser les spectateurs mal informés sur les enjeux en présence. Car le contexte politique et social reste résolument hors champs des mouvements cruels de Johnny Mad Dog.

Vu par Michel AMARGER
(Afrimages / RFI / Médias France)

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