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rédacteur
Ikbal Zalila
publié le
17/12/2008
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Nacer Khémir



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Bab'Aziz, de Nacer Khmir
Âmes en pérégrinations

Un derviche qui tourne, les yeux tendus vers le ciel, jusqu'à l'épuisement. Une danse à la gloire de Dieu rythmée par une voix d'une pureté telle que nous nous trouvons comme aspirés par ces premiers plans de Bab'Aziz. La danse de ce derviche qui accède au divin par la voie du cœur est à l'image de ce qu'exige ce film de son spectateur : s'abandonner à la grâce des images et des sons.
Bab'Aziz est l'histoire d'un voyage, celui de Bab 'Aziz, un vieux derviche aveugle et d'Ishtar une petite fille qui lui sert de guide. Ce voyage a pour destination une réunion de derviches qui a lieu tous les trente ans. Dans leur pérégrination, Bab 'Aziz et Ishtar font la rencontre d'autres personnages eux-mêmes en voyage, le marchand de sable, Hassan et Zaied.
Aux sources de ces voyages, une histoire dont Ishtar est le réceptacle. Toutes ces histoires s'originent dans un appel divin sous forme d'une inspiration pour Bab 'Aziz, d'un visage pour Zaid (celui de Nour), d'une image du paradis pour le marchand de sable.
Bab'Aziz est un conte mystique qui se saisit de la thématique du voyage de l'âme avec ses stations et ses épreuves au fondement du soufisme.

Sinuosités du récit

Nacer Khmir déploie un récit caractérisé par l'entrelacement des histoires et la réversibilité du temps. La nuit, Bab 'aziz raconte à Ishtar l'histoire du prince qui voulait contempler son âme en fait sa propre histoire qui tiendra la petite fille en haleine, tout le long du voyage. À cette histoire vient se greffer celle du marchand du sable qui se jette dans un puits, puis celle de Zaied et de son amour pour Nour. Ces sinuosités du récit n'auraient rien d'exceptionnel si elles n'étaient pas accentuées par la porosité de ces histoires entre elles, à travers l'apparition du personnage d'une histoire dans une autre d'une part et l'abolition de la temporalité d'autre part qui rend possible et crédible le surgissement d'un élément du passé au présent, et vice- versa. Il en est ainsi de cette rencontre improbable si on y recherche de la vraisemblance entre Bab Aziz et Ishtar dont les costumes renvoient à une époque lointaine avec Zaied en jean's, et casquette. Mais aussi du surgissement dans le champ de motocyclettes et d'autocars, éléments qui renvoient à notre présent alors que le vieillard et la petite semblent appartenir à un passé immémorial. Ce télescopage de temporalités est aux antipodes des conceptions dominantes du scénario telles que le cinéma arabe les a importées.

Le réalisateur exhume une tradition millénaire du conte à laquelle les Arabes tournent aujourd'hui le dos, il revisite le mythe au fondement de toute culture. La première séquence du film est à cet égard significative du caractère archéologique de la démarche de l'auteur : ensablés suite à une tempête, Ishtar puis Bab 'Aziz adviennent à l'image, donc à la vie d'en dessous terre.
Cette réversibilité du temps, cette faculté qu'a le champ dans ce film de réunir, présent, passé et futur, s'explique aussi par l'identité de la quête des personnages principaux du film en dépit de la différence des modalités de son déclenchement. Quoi qu'issus d'espaces temps différents, Bab Aziz, Hassan, Zaied et le marchand de sable sont tous à la recherche de l'amour ; qu'il soit divin ou humain avec pour horizon l'amour divin comme c'est le cas pour Zaied.

Poétique des couleurs

Bab'Aziz est un film qui enchante par la beauté de son image. Pour qui reprocherait à Bab'Aziz son esthétisme, on pourrait rétorquer que pour l'apprécier à sa juste valeur, il ne faut pas perdre de vue le souffle mystique qui irrigue l'ensemble du film. Plus, un détour par El Ghazali serait de nature à rendre plus explicite le sens des couleurs choisies par Nacer Khmir. Selon ce philosophe du Soufisme, dans son voyage l'âme passe par différentes stations qui constituent différents degrés d'ascèse et de discipline morale pratiqués par le voyageur. À chaque étape correspond une modalité de l'âme, un état du monde, un état d'âme, un organe où se loge la croyance et une certaine couleur de la lumière.

Bab'Aziz commence par le jaune couleur du désert duquel surgissent le vieux derviche et la petite Ishtar, ce jaune se trouve être au générique du film. Dans les sept étapes de Ghazali, la lumière jaune correspond à la seconde étape, à savoir, l'âme admonitrice, au cours de laquelle, l'âme après avoir quitté le monde sensoriel se retrouve dans un monde intermédiaire, où le voyageur expérimente l'état de l'amour. Durant cette étape c'est le cœur qui constitue la demeure du voyageur qui est sur le chemin de la purification. Vu sous cet angle, le jaune des premiers plans du film résume à lui seul l'état de Bab Aziz. Elle ancre par ailleurs le film dans un entre-deux entre ciel et terre qui légitime les "invraisemblances" que l'on pourrait relever dans le récit et souligne le caractère merveilleux du film. Cette coïncidence entre la couleur et l'étape dans le voyage de l'âme si elle n'est pas systématique se retrouve à d'autres moments du film, lors de la séquence où le prince qui voulait voir son âme reçoit une inspiration, on le voit dans son palais éclairé par une lumière à dominante bleue. Il demande de l'eau, glisse son doigt dans la coupe qui lui est présentée, se lève et quitte son palais à jamais. Cette lumière bleue qui inonde l'intérieur du palais du prince, correspond à la première station de l'âme, l'âme charnelle, où le voyageur est encore sous l'emprise de ses désirs.

Cette science des couleurs, cette faculté dont fait preuve Nacer Khhmir à les arrimer à sa fiction font de Bab'Aziz un film dont les spectateurs ne sortent pas indemnes, à la fois subjugués et sidérés par tant de beauté.

Ikbal Zalila

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