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rédacteur
Hassouna Mansouri
publié le
09/02/2009
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Hassouna Mansouri












Tariq Teguia


Tariq Teguia


Lyes Salem


Malek Bensmaïl


Rabah Ameur Zaimeche



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Gabla (Inland), de Tariq Teguia
Comment donner forme à l'absurde

Avec les jeunes réalisateurs comme Lyes Salem, Rabeh Ameur Zaimech, Malek Ben Smaïl et Tarek Teguia, nous pouvons dire que le cinéma algérien semble avoir un nouveau souffle. Le dernier a participé récemment au Festival International du film de Rotterdam aux Pays Bas avec son nouveau film Gabla (Inland). Programmé dans une section parallèle (c'est la deuxième fois pour Teguia) alors qu'il a été soutenu par le Hubert Bals Fund du même festival, le film n'est pas passé inaperçu. Gabla ne laisse pas indifférent face à la force de son propos et aux choix formels qui poussent le spectateur aux limites de sa capacité de perception.

Gabla de Tariq Teguia mérite en effet sa place dans le programme de Rotterdam. Il répond à deux critères fondamentaux. D'une part, le discours est foncièrement politique et témoigne d'une volonté certaine de penser la complexité de la réalité algérienne. D'autre part, une recherche formelle dont la violence va de paire avec le poids d'une réalité sociale et politique absurde. Aux scènes de débats houleux entre intellectuels, ou faux intellectuels, répondent des plans longs et silencieux dont l'agressivité suscite l'impatience du spectateur. Après un débat sur le rapport de la foule au pouvoir et aux intellectuels, Teguia nous emmène vers des "Pillow shot", à la Ozu dont le vide et le silence anéantisse toute pensé aussi minime soit-elle. Le discours idéologique, très déconstruit à dessein, laisse donc la place à des échappées purement poétiques.

Dans ce travail de construction pour tenter une pensée qui a du mal à prendre forme, le récit prend place progressivement comme une démonstration par l'exemple de la force que peut avoir l'absurdité d'une situation pour écraser les individus. Derrière le destin individuel de Malek se trouve par métonymie celui de toute la société. Il est le héros postmoderne qui porte en sa chair même les stigmates de l'absurde humain. Alors qu'il semble avoir rompu tout lien avec la société, le destin le mène dans une expérience qui le met face à face avec sa pure humanité.

Lorsque nous découvrons Malek, il est écrasé par un passé non dit. À travers des bribes de conversations perce un passé de militant qu'il semble renier par désabusement. On apprend d'une manière très expéditive aussi qu'il est au milieu d'un processus de séparation avec sa femme et sa fille. Dégagé de toute fonction sociale ou familiale qui le rattache à la société des hommes, il ne lui reste que le contact du sol. Il investit toute son énergie dans son travail de cartographe. Il part prospecter, pour le compte d'un bureau d'étude, une région où le gouvernement semble miroiter la possibilité de faire venir l'électricité. Il s'y engage, tout en sachant que ce n'est que peine perdue.

La rencontre d'une jeune femme qui traversait clandestinement le territoire algérien vers la Maroc et au-delà pour des horizons meilleurs et le contact d'une communauté villageoise éloignée de tous les enjeux politiques introduisent une note de vie dans son quotidien morose. C'est ainsi qu'il goûte au plaisir des faites pittoresques avec de simples paysans. Il partage leur vie avec toute sa platitude riche en humanité. Quant à la jeune femme elle l'invite à un voyage qui le mènera aux limites de ses possibilités. Afin de la ramener vers son pays d'origine, il prend la direction du Sahara (la région de Béchar) et il fait du retour de la jeune femme, l'affaire de sa vie laissant derrière lui le dernier filon qui le liait au monde des hommes. Pour se lancer dans un espace-temps où il n'a y aucun pouvoir sinon celui d'une nature sèche et impassible qui ne fait place a rien d'autre que sa propre force. La piqûre du scorpion est présentée dès lors comme un moment d'envol quasi-mystique vers une autre dimension.

L'absurde semble être au cœur de ce film dérangeant. Les longs plans silencieux ralentissent le rythme du film jusqu'à presque la négation du temps. Le silence vide le plan de tout discours et s'identifie avec les débats très passionnés mais qui mènent nulle part. La forme rejoint le contenu dans l'expression de la vanité de tout effort ou toute énergie dépensée dans un monde de la faillite de tout discours et l'absence de toute volonté réelle de construction. De ce côté comme de l'autre rien ne prend forme, rien ne se construit. Il ne reste à Malek qu'une seule possibilité de salut : fondre dans la lumière du désert, se diluer dans le silence et le vide.

Hassouna Mansouri

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Tunisie | TUNIS

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