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rédacteur
Ludovic O. Kibora
publié le
13/04/2009
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Ludovic Kibora


Pr Basile Guissou


Sembène Ousmane


Th. Obenga, Appel à la jeunesse africaine, 2007, éditions Ccinia Communication.


Thomas Sankara


Joseph Ki-Zerbo


Gaston Kaboré


Gaston Kaboré



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Cinéma africain et identité culturelle
Colloque "Cinéma africain et art africain"
21ème FESPACO, Ouagadougou 28 février-07 mars 2009

Dans le cadre du colloque Cinéma africain et art africain tenu du 02 au 03 mars à l'institut Imagine de Gaston Kaboré sis à l'Est de Ouagadougou, le Pr. Basile Laetare Guissou, Délégué Général du Centre National de la Recherche Scientifique et Technologique (CNRST) du Burkina Faso a fait un exposé sur le thème : "Cinéma africain et identité culturelle".

"(‚Ķ) Comment l'identit√© culturelle peut-elle se construire et se d√©velopper dans le cin√©ma africain ?" C'est √† partir de cette interrogation emprunt√©e √† l'√©gyptologue Th√©ophile Obenga que le Pr. Guissou a introduit sa communication. Si le cin√©ma africain existe, c'est qu'il existe une certaine identit√© culturelle qu'il v√©hicule. Il s'agit alors selon le conf√©rencier de voir si cette identit√© v√©hicul√©e correspond √† la r√©alit√©, car il n'y a pas de cin√©ma neutre. √Čvoquant Semb√®ne Ousmane et son Ňďuvre litt√©raire - Les Bouts de bois de Dieu sur lequel il a lui-m√™me fait sa th√®se de troisi√®me cycle en sociologie du roman - le Pr. Guissou dira que Semb√®ne (qu'il a rencontr√© plusieurs fois √† Ouaga et √† Dakar) estimait que sa cam√©ra √©tait une arme pour le combat lib√©rateur de l'Afrique. Il y a donc des choix √† faire en mati√®re de cin√©ma et cela tient du r√©alisateur, de son id√©ologie et des conditions mat√©rielles dans lesquelles il √©volue, etc. D'o√Ļ cette lapalissade : "sans culture africaine, il n'y a pas d'identit√© culturelle africaine".

Il faut donc décoloniser les écrans, créer un véritable marché africain pour le cinéma africain, avec les moyens africains. Le MICA n'a donc qu'à revoir sa copie ? "Il y a une révolution qui reste à faire dans le cinéma africain" affirmera le conférencier qui a été ministre sous le régime révolutionnaire de feu le président Thomas Sankara. Sans déconnection (sic) il n'y a pas de perspective véritable pour le cinéma de l'Afrique. Or, l'Afrique reste jusqu'ici lié à l'occident sur le plan culturel et surtout économique. Pourtant, "c'est le reste du monde qui doit à l'Afrique, ce n'est pas l'Afrique qui doit au reste du monde." de ce fait, l'histoire et les langues africaines doivent être à la base de la création d'une identité africaine à travers le cinéma.

Faisant r√©f√©rence √† l'√Čgypte ancienne il a montr√© qu'au mus√©e du Caire, on retrouve des objets d'art et des objets utilitaires qui ont appartenu aux pharaons alors que des copies presque identiques de ce m√™mes objets circulent encore de nos jours au Sud du Sahara. Cela confirme si besoin en √©tait la parent√© entre les civilisations noires et celle de l'Egypte ancienne qui √©tait pourtant une r√©f√©rence pour la Gr√®ce antique. Le Socle du cin√©ma Africain doit donc √™tre l'histoire de l'Afrique celle qui part de ce qu'on refuse de lui reconna√ģtre. Le regret de monsieur Guissou est que cette histoire on ne la sent pas dans le cin√©ma africain. Il aurait aim√© que des r√©alisateurs de la trame de Semb√®ne Ousmane choisissent de faire des films qui mettent en avant ce lien qui montre que l'Afrique a √©t√© a un moment de son histoire une r√©f√©rence pour l'humanit√© toute enti√®re. En Afrique on ne c√©l√®bre pas assez l'histoire de l'Afrique pharaonique et pourtant l'Europe utilise les symboles de cette √©poque pour orner ses villes et agr√©menter ses mus√©es. "S'il n'y a pas un retour conscient √† l'√Čgypte des pharaons, il est impossible de construire une v√©ritable histoire africaine." Le cin√©ma doit apporter sa contribution pour que cela se fasse √† travers les images et le son.

Le second volet de l'intervention du Pr. Guissou a concern√© la n√©cessit√© de revaloriser nos langues nationales √† travers les films car ce sont elles qui portent la culture Africaine. Celle des nations vraies avant les √Čtats import√©s. Il n'est donc pas possible de parler d'identit√© africaine en utilisant une langue import√©e. √Ä l'aide de statistiques issues des √©tudes faites au Burkina Faso, il a confirm√© la th√®se √©mise par le Pr. Joseph Ki Zerbo dans son ouvrage, La natte des autres selon laquelle le d√©veloppement socio-√©conomique de l'Afrique serait vou√© √† l'√©chec tant que les Africains ne repenseront pas leurs syst√®mes √©ducatifs, en mettant l'accent sur leurs langues maternelles. Cheikh Anta Diop (dont le fils prenait part au colloque) a pass√© toute sa vie √† d√©montrer cela, sans l'accompagnement des dirigeants politiques africains. Obsession du pouvoir quand tu les tiens !

Le conférencier achève son intervention en insistant sur la nécessité de résoudre l'équation à trois inconnus "Histoire, langue et cinéma africain" pour qu'enfin le cinéma africain puisse contribuer à l'affirmation de l'identité culturelle africaine et être un support d'expression. Au delà du ton militant et des affirmations un peu trop catégoriques de l'exposant du jour, il a eu le mérite de mettre à l'indexe les questions fondamentales qui participent de la construction de l'identité d'un peuple : l'histoire, la langue… la culture tout simplement.

Ludovic O. Kibora

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28/02/2009 > 07/03/2009
festival |Burkina Faso |
FESPACO 2009 (Festival Panafricain du Cinéma et de la télévision de Ouagadougou)
La 21e édition se tiendra du 28 février au 07 mars 2009. 40ème anniversaire

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