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rédacteur
Hassouna Mansouri
publié le
30/07/2009
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Hassouna Mansouri


Mustapha Alassane

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Mustapha Alassane
5èmes Rencontres Cinématographiques de Hergla (Tunisie)

Il est plus que de l'ordre naturel des choses qu'une manifestation comme les Rencontres Cin√©matographiques de Hergla (05-09 ao√Ľt 2009) d√©cide de rendre hommage √† quelqu'un comme Mustapha Alassane. Non seulement le cin√©aste nig√©rien est l'un des pionniers du cin√©ma en Afrique, mais aussi et surtout il est le p√®re de l'animation dans le continent noir. S'il est difficile pour le cin√©ma en Afrique d'exister, il l'est encore plus pour un genre comme l'animation. Selon l'ordre des priorit√©s, cela vient largement derri√®re tant d'autres. C'est √† ce titre qu'Hergla d√©cide cette ann√©e de consacrer une partie de son programme √† ce symbole du huiti√®me art africain. Cela est d'autant plus symbolique que dans le m√™me programme figure un autre nom mythique de l'animation qui vient de l'Allemagne, Lotte Reiniger. Car ceci est aussi la vision de cette manifestation ; faire rencontrer des cultures, des univers artistiques de diff√©rents horizons.

Ce ne sera jamais assez lui reconna√ģtre sa juste valeur de dire de Mustapha Alassane qu'il est l'un des pionniers du cin√©ma dans le continent noir. Son parcours √† lui est vraiment √† part. Alors qu'il √©tait m√©canicien, rien ne le destinait naturellement √† un tel sort d'artiste de premier plan, qui plus est dans un domaine marginalis√©, le moins que l'on puisse dire. La rencontre de Jean Rouch aurait pu √† la limite le pousser √† embrasser une carri√®re de technicien, ‚Ķ peut-√™tre. Au mieux il aurait eu une carri√®re classique au sens de faire du cin√©ma comme celui de ses confr√®res Djibril Diop Mamb√©ty, Semb√®ne Ousmane, Oumarou Ganda. L√† aussi il n'aurait certainement pas moins brill√©.

Il n'aurait pas non plus, comme eux, manqué d'engagement. On l'entend encore répéter des phrases que cette génération de pionniers aimait certainement proférer : "…. Le cinéma peut et doit servir à modifier la mentalité de la masse. Chacun de mes films touche à la politique, ne serait-ce que parce qu'il suscite un intérêt auprès de la masse et est susceptible de lui faire prendre conscience de sa culture. Je pense que, pour le moment, le cinéma n'a pas suffisamment prouvé au monde que l'Afrique a une culture propre. Il doit pouvoir éveiller la conscience du spectateur sur des problèmes spécifiquement africains et guider l'Afrique dans une direction plus viable." L'animation pour lui est en effet, l'équivalent des contes africains, tout simplement "édifiante", tout autant, voire plus, que les autres formes cinématographiques.

Non !!! Mustapha Alassane a pr√©f√©r√© faire son chemin en solitaire, qui plus est, il √©tait le seul √† le faire en Afrique. D√©muni de toute formation dans le domaine de l'animation et de l'image et n'ayant aucun a√ģn√© sur les traces de qui il aurait pu marcher, il se lance dans le monde du cin√©ma avec la seule force de sa volont√© et le souffle qu'il a eu en c√ītoyant Jean Rouch. Un passage par l'√©cole canadienne de l'animation plus tard avec son ma√ģtre Norman McLaren l'arme de la technique n√©cessaire. Mais c'est √† peine s'il avait besoin de tout cela. Le reste n'est en fait qu'une affaire de discipline, de rigueur, et surtout d'une grande volont√© de faire, de construire et de changer les choses.
Il accompagne la vocation qu'il a pour cet art d'une conscience de la n√©cessit√© de mettre en place une infrastructure. Car l'inspiration √† elle seule ne suffit pas pour faire de l‚Äėart il faut aussi de l'intelligence pratique, et le vieux routard de l'animation africaine m'en manque certainement pas. On penserait qu'il a √©lu Tahoua, la petite ville au nord du Niger, pour lieu du repos du guerrier. Non, l√† encore !!! C'est de l√† que la marche continue. Dans le petit h√ītel qu'il poss√®de, il tient son quartier g√©n√©ral en transformant quelques-unes de ses chambres en studios et ateliers destin√©s √† la production, mais surtout √† la formation.

Avec son fils, qui est fin pr√™t √† prendre le flambeau, et les quelques employ√©s de sa boite de production, il s'est mis aux nouvelles technologies. Il est conscient que cela ne peut que mieux servir un art comme celui de l'animation. C'est ainsi qu'il n'h√©site pas lui-m√™me, √† l'√Ęge de soixante sept ans, √† apprendre les techniques de l'animation assist√©e par l'informatique.

Il n'avait pas acc√®s √† tout cela, d√©j√† en 1962 lorsqu'il n'avait pas plus de vingt ans, quant il r√©alisait ses premiers courts m√©trages ; La Bague du roi Koda et Aour√©. En cela, il devan√ßait d'une longueur, son fr√®re d'arme, l'a√ģn√© des anciens Ousmane Sembene, qui ne r√©alisera Borom Sarret, son premier court m√©trage, que l'ann√©e suivante en 1963. La volont√© lui avait alors suffi. Mais depuis, il en a v√©cu et fait des choses. Il en a surtout appris et continue d'apprendre encore aujourd'hui humblement et avec cette m√™me volont√©.
√Ä son tour maintenant, il vient √† Hergla pour transmettre. En lui rendant hommage √† travers cette s√©lection, et en l'invitant √† son cinqui√®me √©dition, les Rencontres Cin√©matographiques de Hergla esp√©re cr√©er les conditions propices √† cette transmission. Les cin√©philes pourront d√©couvrir un brin de son Ňďuvre √† travers Le Retour d'un aventurier (1966), Bon voyage Sim (1966) et Kokoa (2001). Ils auront en outre l'opportunit√© de l'√©couter directement lors de la le√ßon de cin√©ma dans laquelle il fera part de son exp√©rience et de la vision qu'il se fait de l'Afrique et du cin√©ma.

Par Hassouna Mansouri

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   liens films

Aouré 1962
Moustapha Alassane

Bague du roi Koda (La) 1962
Moustapha Alassane

Bon voyage, Sim 1966
Moustapha Alassane

Kokoa 2001
Moustapha Alassane

Retour d'un aventurier (Le) 1966
Moustapha Alassane


   liens artistes

Alassane Moustapha


Challouf Mohamed


DIOP Mambéty Djibril


Mansouri Hassouna


Rouch Jean


   ťvŤnements

04/08/2009 > 09/08/2009
festival |Tunisie |
Rencontres Cinématographiques de Hergla 2009
5ème édition

   liens structures

Association Culturelle Afrique-Méditerranée
Tunisie | SOUSSE

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