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rédacteur
Michel Amarger
publié le
28/09/2010
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Michel Amarger




Mahamat-Saleh Haroun


Le cinéaste tchadien Mahamat-Saleh Haroun sur le tournage de son film Un homme qui crie


Youssouf Djaoro (Adam) dans Un homme qui crie


Youssouf Djaoro (Adam) dans Un homme qui crie


Youssouf Djaoro (Adam) dans Un homme qui crie


Youssouf Djaoro (Adam) et Djénéba Koné (Djénéba) dans Un homme qui crie


Ali Bacha BARKAÏ (Atim), Youssouf DJAORO (Nassara ; en rouge) Daratt de Mahamat-Saleh Haroun


Mahamat-Saleh Haroun entouré de Diouc Koma et Youssouf Djaoro, sur la Croisette, Cannes 2010


Youssouf Djaoro, Mahamat-Saleh Haroun et Douc Kioma lors de la conférence de presse de "Un homme qui crie", Cannes 2010


Olivier Barlet (modérateur), Marie-Hélène Dozo (monteuse), Youssouf Djaoro, Mahamat-Saleh Haroun, Douc Kioma et Emil Abossolo M'Bo lors de la conférence de presse de "Un homme qui crie", Cannes 2010


Youssouf Djaoro, Mahamat-Saleh Haroun, Douc Kioma et Emil Abossolo M'Bo lors de la conférence de presse de "Un homme qui crie", Cannes 2010


Affiche du 63e Festival de Cannes réalisée par Annick Durban, d'après une photographie de Juliette Binoche par Brigitte Lacombe

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Un homme qui crie
La voix d'un père tchadien
LM Fiction de Mahamat-Saleh Haroun, Tchad/ France / Belgique, 2010
Sortie France : 29 septembre 2010

Le Prix du Jury du Festival de Cannes 2010, attribué à Un homme qui crie de Mahamat-Saleh Haroun, renforce la respectabilité du cinéaste tchadien. Il s'est imposé avec Abouna, 2002, et Daratt, 2005, comme l'un des emblèmes de la nouvelle génération africaine qui atteint la maturité. La tentation est alors grande de voir dans la récompense cannoise une reconnaissance du cinéma africain. En avançant son titre, tiré d'un vers de Aimé Césaire, extrait du Cahier d'un retour au pays natal, également cité par Abderrahamane Sissako dans La vie sur terre, 1998, Haroun souligne pourtant que la voix de ses personnages, assourdie dans le vacarme médiatique, est une expression singulière, une douleur intime.
Sa fiction est alors à considérer comme une oeuvre personnelle moins primée pour être un film d'Afrique Noire que pour le regard porté sur une situation du continent.

Un homme qui crie est le drame de Adam, un ex-champion de natation devenu maître-nageur à l'hôtel de N'Djamena, qui perd peu à peu son endurance face à son fils Abdel. Lorsque des Chinois rachètent l'hôtel, il est conduit à laisser sa place à son fils, plus vif et alerte. Adam se sent menacé, déchu de ses prérogatives. La rivalité est aiguisée par la guerre civile qui fait basculer les valeurs.
Les rebelles armées menacent le gouvernement qui fait pression pour exiger l'effort de guerre des citoyens. Adam pressé par le Chef de Quartier de contribuer à la lutte, n'a pas d'argent. Sa seule richesse est son fils Abdel qui est aussi son concurrent affectionné. Le dilemme posé à Adam revient à savoir comment conserver son intégrité dans la guerre.




Adam est figé dans ses habitudes, sans calculs. Face à lui, Abdel paraît plus vivant et la présence de Djénéba apporte une touche féminine au récit. La tension du père, tenté d'offrir son fils en se défendant d'un rival, est palpable. Adam s'engage dans la voie d'une responsabilité individuelle qui s'oppose au devoir véhiculé par la communauté. Hors d'un recours possible à un dieu, il est alors susceptible de donner un sens à sa vie, prolongé par la descendance évoquée à la fin du film.
Le récit s'appuie sur des personnages nommés Adam, Abdel, David, Mariam. Ces résonances mythologiques donnent de la profondeur à une fiction qui dénonce les déséquilibres intimes découlant de la guerre civile, vécue par des gens simples qui se lâchent sous la pression. Adam commet la faute, Chef de Chantier a la diarrhée.

Haroun suggère le conflit par des sons déformés, explosions, avions, voitures, reportages radio perçus par des Tchadiens enfermés dans un espace clos. Ce récit sonore vient compléter l'action visible et la musique de Wasis Diop apporte de l'amplitude au film.
Le réalisateur, économe de paroles, s'appuie sur la qualité de l'image, la rigueur de sa composition pour développer un rythme qui converge vers la tragédie qu'est la réquisition du fils. Les cadrages serrés coinçant Adam entre les murs, dans les ruelles, au début, s'élargissent pour l'échappée finale.
En point d'orgue, Haroun livre une conclusion ouverte par l'enfant que porte Djénéba, promesse d'une génération à venir dont Adam pourrait s'occuper.

L'intensité du personnage est soutenue par Youssouf Djaoro, vu en boulanger dans Daratt, tandis que Marius Yelolo qui est Daniel le cuisinier, compose son reflet tragi-comique. Le réalisateur prend soin de détendre la tension dramatique pour mieux l'accentuer. Influencé par Hitchcock, il fait surgir des détails humoristiques dans un récit grave.
Un homme qui crie, coproduit par la France et la Belgique avec l'appui du Tchad offre au pays un regard amer sur l'instabilité politique. Mais le cinéma de Mahamat-Saleh Haroun est surtout sensible à l'effort des personnages pour définir leurs raisons de vivre. La possibilité d'une descendance aux adultes marqués par la guerre, laisse la porte ouverte à des espoirs salutaires pour le Tchad.

Vu par Michel AMARGER
(Afrimages / RFI / Médias France / Africiné)

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Mahamat-Saleh Haroun


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