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rédacteur
Hassouna Mansouri
publié le
01/04/2018
films, artistes, structures ou événements liés à cette critique
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Hassouna Mansouri est Rédacteur à Africiné Magazine


Machérie Ekwa Bahango, réalisatrice et scénariste congolaise


Scène du film avec Acha (Fideline Kwanza) et Maki (Amour Lombi, de dos)


Scène du film avec Maki (Amour Lombi)


Scène du film


Scène du film


Scène du film


Le pacte de sang entre Maki et Mbingazor


Tournage du film


Tournage du film


La réalisatrice entre la traductrice et la modératrice, en projection-débat à la Berlinale


Le producteur Emmanuel Lupia et la réalisatrice, à la 68è Berlinale


La réalisatrice Machérie Ekwa Bahango






Berlinale 2018


Tosala Films












Africiné Magazine, the World Leader (Africa & Diaspora Films)

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Maki'la de Machérie Ekwa Bahango, un film noir
République Démocratique du Congo / France, 2018, Lingala / Français, 78 mins
Berlinale 2018 - section Forum (Première Mondiale)


Maki'la de Machérie Ekwa Bahango est un film de genre avec des composantes locales puisées dans les rues de Kinshasa, la capitale de la République Démocratique du Congo. Ces rues et les enfants qui y vivent coupés de toutes attaches familiales et sociales sont l'objet de beaucoup de fantaisie. Ils sont souvent traités comme sujets sensationnels et souvent même teintés de misérabilisme et de pathétique. La toute jeune cinéaste congolaise, elle en est à son tout premier long métrage, en fait un matériau cinématographique.

Dans le film de gangster comme genre, le héros est le plus souvent un homme. Machérie Ekwa rompt d'emblée avec cette règle. Son héros s'appelle Maki, une jeune femme qui se bat comme elle peut pour survivre dans les rues de Kinshasa. Mariée à Mbingazor, le chef d'un gang de jeunes, elle décide de voler de ses propres ailes, ne trouvant plus aucune satisfaction ni dans le mode de vie de ce groupe ni dans son ménage. Le destin met Acha sur son chemin, encore une adolescente perdue dans un Kinshasa sans âme qui ne la ménage pas. Cette rencontre est un facteur important dans la transformation du personnage de Maki comme si son caractère se retrouvait renforcé par le sens de la responsabilité.

Le groupe évolue en dehors de toute interaction avec la société. Il a ses propres lois comme les gangsters et les membres de la mafia dans les films noirs. Le mariage, à titre indicatif, est célébré entre copains en plagiant/caricaturant le rituel religieux de référence. Chacun des membres du gang se fait baptiser au nom d'un stéréotype social. A un certain moment, un déclic advient dans la tête de Maki et fait qu'elle ne supporte plus le mode d'être de ses compagnons occupés tout le temps par ne rien faire sinon à fumer et boire. Allusion subtile de la part de la réalisatrice à l'impasse et l'immobilisme qui étouffent la société congolaise.

Le réveil/révolte de Maki se dessine alors comme un appel à un changement qui devient nécessaire. Mais que peut la jeune femme contre un système plus fort qu'elle. Les scènes de confrontation tournant, à des moments, en des combats de corps à corps avec Mbingazor, qui fait la loi, sont comme des métaphores de confrontations sociales entre un peuple désireux de changement et un pouvoir oppresseur illégitime. Lorsqu'enfin une lueur d'espoir se dessine, l'intervention du monstre Mbingazor est fatale et pour lui-même et pour Maki.

A l'issue d'une lutte physique entre les deux personnages, Acha tue Mbingazor par une balle d'un pistolet que Maki venait d'usurper à un client. Au même moment celle-ci reçoit un coup de poignard. Avant de se tirer une balle dans sa tête, elle révèle à Acha que celui qu'elle venait de tuer n'est autre que le frère qu'elle recherchait. Acha est plus que jamais perdue. Elle perd Maki son seul soutien dans la vie. Elle met fin à son propre et ultime espoir de retrouver son frère rêvant d'atteindre enfin un havre de paix. La séparation d'avec celui-ci est double, puisque la jeune fille réalise qu'elle venait d'être violée par son propre frère.

Il y a là un constat sombre sur la société congolaise. Avec quoi Acha va-t-elle affronter le reste de sa vie? Le souvenir de cette scène sanglante finissant par un fratricide, de l'argent que Maki avait rapporté et qui aurait pu/dû les sortir du cercle de la pauvreté et de la violence, probablement un enfant issu d'un inceste doublé de viol. Acha, tout comme la société congolaise, n'est pas sortie de l'auberge. La spirale du désespoir continue, semble nous révéler Machérie Ekwa Bahango par un cri de colère assourdi sous la forme d'un film noir.

par Hassouna Mansouri

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   liens films

Maki'la 2018
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Radoux-Bazzini Philippe


Radoux-Bazzini Philippe


Wa Lusala Divita


   vnements

15/02/2018 > 25/02/2018
festival |Allemagne |
Berlinale 2018 (68th Internationale Filmfestspiele Berlin)
68ème édition

16/05/2018 > 10/06/2018
festival |États-Unis |
New York African Film Festival (Nyaff) 2018
25ème édition.

14/07/2018 > 22/07/2018
festival |Cameroun |
Ecrans Noirs 2018
22ème édition.

17/08/2018 > 25/08/2018
festival |France |
Gouel ar Filmoù / Festival de Cinéma de Douarnenez 2018
41ème édition. Festival culturel, festif et militant. Thème : Peuples des Congo(s).

   liens structures

Cinémathèque Afrique (Institut Français)
France | PARIS

DIFFA
France | PARIS

Inzo ya Bizizi
République du Congo | Pointe Noire

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République démocratique du Congo | Kinshasa

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France | PARIS

Tosala Films
République démocratique du Congo

Vanuit het Zuiden (Depuis le Sud)
Pays-Bas | AMSTERDAM

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