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rédacteur
Michel Amarger
publié le
03/04/2011
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Michel Amarger




Hicham Ayouch, réalisateur


Fissures


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Fissures
Impulsions marocaines
LM Fiction de Hicham Ayouch, Maroc, 2010
Sortie France : 6 avril 2011

L'essor de la production au Maroc permet de stimuler la qualité des films mais aussi de diversifier les démarches. Après un élargissement des thématiques notamment sur les prisonniers des années de plomb (Mémoire en détention de Jilali Ferhati, 2004), la jeunesse (Marock de Leila Marrakchi, 2005), la présence de la communauté juive (Où vas-tu Moshé ? de Hassan Benjelloun, 2007), des cinéastes commencent à se détacher du traitement d'une histoire pour s'affranchir de la narration convenue. Hicham Ayouch s'y engage avec Fissures qui vibre de l'air de Tanger.
Le réalisateur, né à Paris, formé au journalisme, auteur d'un court-métrage, Bombllywood, 2005, deux documentaires, Les reines du roi, 2006, sur le statut des femmes au Maroc, et Poussières d'ange, 2007, ainsi qu'un téléfilm, creuse ainsi ses racines marocaines pour une fiction.

Fissures explore les écarts d'émotion entre trois êtres à vif. Marcela, une Latine explosive fait de la peinture abstraite, Abdesselem, un homme brisé sort de prison, Noureddine, son meilleur ami le loge dans une chambre perchée. Marcela croise Abdesselem et l'enivre de sa vitalité, de sa sensualité à fleur de peau, de ses audaces. Mais Marcela aime largement et séduit vite Noureddine, au grand dam de son ami qui voudrait la garder. De l'un à l'autre, de l'un avec l'autre, la Latine impétueuse aux accents brésiliens, chavire les corps et les cœurs. Abdesselem doit accepter de partager pour ne pas la perdre, Noureddine de la perdre de vue pour partager. Entre attrait et rejet, Marcella flambe sa vie, zébrée de désespoirs, de pleurs. En noir et rouge, elle s'accroche aux corps comme à des balises qui se dérobent, ivres du vin qui circule.

Hicham Ayouch capte les vibrations du désir, de la dépression, au fil des rues de Tanger. Les hommes y sont vainement possessifs car la femme libérée leur échappe, pour mieux les séduire dans un élan de fragilité retournée. Ces moments assemblés composent un film nerveux, pulsionnel. Son souffle vient de la présence d'une femme d'Amérique latine qui balaie les codes de deux hommes marocains. Sa portée subversive aurait pu être plus grande si l'héroïne était elle aussi marocaine mais tel quel le film dévoile des aspects occultés, énoncés par Hicham Ayouch : "En tournant Fissures, j'ai également voulu montrer un Maroc différent, un Maroc où l'on boit de l'alcool, un Maroc où l'on fait l'amour, un Maroc où l'on vit librement et j'ai utilisé une liberté cinématographique pour essayer de retranscrire au mieux cette réalité." Et Fissures emporte du vécu transfiguré, dans un style heurté.

"Le film est une fiction, mais il a été pensé et tourné comme un documentaire, en filmant de cette manière, débarrassé de tout artifice, je voulais aller le plus loin possible dans ma quête d'un cinéma différent", explique Ayouch. Sa caméra portée court avec les acteurs, multipliant les angles de vues. Les scènes s'assemblent avec de faux raccords, un montage haché. Les mises au point approximatives, les images parfois saturées laissent voir le micro. "J'ai voulu tenter une expérience cinématographique où la liberté et la capture des émotions étaient ma quête", justifie le cinéaste. L'engagement des trois acteurs principaux donne du corps aux confrontations. "Le plus souvent, je mêlais les acteurs aux habitants de la ville qui improvisaient naturellement avec nous", raconte le réalisateur. Un élan qui peut emporter le spectateur ou glisser sans le convaincre ni occulter les défauts techniques.

"C'est un film fragile qui comporte des faiblesses" reconnaît Ayouch, "mais ce sont ces faiblesses et cette prise de risque qui lui confèrent également toute sa force."
Ainsi Fissures s'inscrit comme un héritier lointain de Jules et Jim de François Truffaut, 1962, de Minnie and Moskowitz de John Cassavetes, 1971. Mais il a des références plus proches au Maghreb avec VHS-Kalouchka du Tunisien Nejib Belkhadi, 2006, pour sa manière d'étayer la fiction par un dispositif documentaire, et surtout Rome plutôt que vous de l'Algérien Tariq Teguia, 2007, pour la fébrilité de ses héros.
Fissures, tourné en 13 jours, en équipe réduite, est un film indépendant, "né d'une urgence, d'un besoin d'expression insoutenable", selon son auteur, en phase avec ses personnages.

Vu par Michel AMARGER
(Afrimages / RFI / Médias France)

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