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rédacteur
Hassouna Mansouri
publié le
13/09/2006
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Daratt, de Mahamat-Saleh HAROUN (Tchad)
L'Afrique au palmarès de Venise
Daratt (de Mahamat-Saleh HAROUN), en Compétition dans la Sélection Officielle obtient le Prix spécial du jury de la 63ème Mostra de Venise - la 63ème Mostra cinematographica di Venezia (Italie, 30 août - 09 septembre 2006).

Quelques jours seulement nous séparent de la cérémonie de clôture de la 63ème Mostra cinematographica di Venezia, plus couramment appelée le Festival de Venise. L'annonce du palmarès de ce festival, l'un des plus prestigieux au monde, est venue faire chaud au cœur aux accompagnateurs du cinéma africain. Pourquoi pas quand on apprend que le prix du jury a été discerné à Daratt de Mahamet Saleh Haroun.

Il n'y a pas longtemps, sur le site www.africine.org, un débat très animé a eu lieu entre critiques, journalistes et cinéphiles au sujet de la présence du film africain dans les grands festivals et notamment au festival de Cannes. Il est évident que Daratt du Tchadien Mahamet Saleh Haroun est venu donner une réponse, ou du moins une partie de la réponse. Voir ce film sélectionné en compétition était déjà une satisfaction, apprendre aujourd'hui qu'il a eu le prix du jury, est la confirmation que le cinéma africain a sa place et que tout les calculs possibles et imaginables aussi bien que toutes les considérations stratégico-politiques ne peuvent rien contre la facture esthétique et la profondeur culturelle d'un film quelle que soit son origine.
En fait le parcours de Mahamet Saleh Haroun, avec seulement trois longs métrages et quelques courts, montre que le cinéaste marche avec des pas sûrs. Déjà, avec son premier film, Bye Bye Africa (présenté à Venise même en 1999) il s'inscrivait dans la veine des réalisateurs pour qui le cinéma est un mode de pensée. C'était dans ce sens qu'il avait apporté un nouveau souffle au cinéma africain alors que tant d'autres s'étaient cantonnés, et aujourd'hui encore, à reproduire, souvent en copie dégradée, les projets des aînés.
Avec le deuxième long métrage, Abouna, Haroun fait un autre pas vers la reconnaissance internationale. Au festival de Kerala (Inde), il obtient le prix de la critique internationale. Ce prix attribué par la Fédération Internationale de la Presse Cinématographique (FIPRESCI) est venu donner une autre consécration, celle de la presse spécialisée. Donc après la révélation avec le premier film, le prix de la critique vient pousser cet outsider de tout point de vue à aller de l'avant.
La consécration vénitienne est une preuve de reconnaissance qui porte à la fois le cinéaste et le cinéma africain au niveau universel et les font sortir du ghetto réducteur des cinémas appelés parfois "de rareté" d'autre fois "de périphérique" ou alors tout simplement "cinémas du Sud". Figurer sur la même scène, pour ne pas dire podium, que Alain Resnais et Jean-Marie Straub, c'est dire que le cinéaste africain a une place parfaitement légitime dans les sphères les plus élevées de l'Art cinématographique.
Ceci étant dit, l'on se rend compte à quel point le sort d'un cinéaste est lié à celui de tout un continent. C'est de ce point de vue que nous avons choisi de nous exprimer sur cet événement qui pour d'autres passerait inaperçu. Chaque cinéaste aurait une responsabilité, celle du cinéaste africain est de porter tout le continent sur son dos. Mahamet Saleh Haroun en est peut-être le plus conscient mais surtout convaincu.
Nous l'avions déjà rencontré dans le cadre du Festival de Rotterdam en 2005. Il présentait alors le scénario de Daratt, au marché des projets de CINEMART. (Il avait déjà remporté son premier prix, celui d'ARTE cinéma). Voici ce qu'il nous a confié sur le thème de la responsabilité du cinéaste : "C'est une responsabilité terriblement lourde à porter. A chaque film, le réalisateur devient le porte drapeau de tout un continent. Si le film est mal accueilli, les gens qui ont mis un centime dans le film vont commencer à théoriser et à généraliser. Le premier qui fait un faux pas entraîne les dix suivants dans le ravin. Donc la responsabilité est énorme et j'espère que tous ceux qui font des films en ont conscience."

Hassouna Mansouri

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