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rédacteur
Fatou Kiné Sène
publié le
08/10/2006
» films, artistes, structures ou Ă©vĂ©nements liĂ©s Ă  cet entretien
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"Il faut une bonne réglementation pour sortir le cinéma de la léthargie"
Yao Norbert ETTRANNY - Directeur central du Centre National des Arts et de la Culture de CĂ´te d'Ivoire et Promoteur de Clap Ivoire
Le cinéma africain bat aujourd'hui de l'aile dans les huit pays de l'Uemoa. Au manque de volonté politique qui en est la cause, le directeur du Centre national des arts et de la culture de Côte d'Ivoire, Yao Norbert Ettranny, ajoute l'absence des investisseurs qui ne sont pas attirés par ce secteur. Dans l'entretien qui suit, le promoteur de "Clap Ivoire" estime que le salut du cinéma africain réside dans une bonne réglementation afin de créer une industrie de cinéma.

Mais avant cela, Yao Norbert Ettranny revient sur la sixième édition de "Clap Ivoire" (tenue du 5 au 9 septembre 2006) perturbée par les événements liés aux déchets toxiques.

Yao Norbert Ettranny : Pour parler comme les croyants, nous avons vécu cela comme une espèce de volonté de Dieu. Ces événements ont eu un impact sur la manifestation, car nous avons raté la première journée de la table ronde du fait que les participants sont restés bloquer à l'hôtel (Ndlr : le début de la table-ronde était prévu le mercredi 6 septembre mais ce n'est que jeudi qu'elle a commencé). En plus, d'autres manifestations festives qui devaient accompagner "Clap Ivoire", ont été supprimées, car les gens qui avaient donné au départ leur accord pour y participer, se sont désistés.

La Côte d'Ivoire sort d'une "guerre civile". Quel est l'impact d'une telle manifestation dans un pays qui se remet petit à petit de ce déchirement ?

La première édition de Clap Ivoire a eu lieu en décembre 2004. En novembre 2004, c'était la reprise de la guerre civile déclenchée en 2002. Il y a eu plein de morts parce que les gens se tuaient entre eux. Mais nous avons tenu absolument à organiser le Festival à cette date malgré ce conflit qui existait déjà. Nous avons essayé de prouver par là que la culture en général et le cinéma en particulier doivent se mettre au dessus de toutes ces petits calculs politiciens, de ces états d'âmes des politiciens de dimanche, etc. En plus, lorsque vous prenez les budgets de tous les États africains d'une façon générale, la culture est logée à la fonction congrue. Par conséquent, quand des hommes s'investissent dans la culture, se battent pour créer un événement, ce ne sont pas des manifestations politiques qui viendront l'interrompre. Moi, c'est le combat que je mène. Nous avons voulu attirer les gens sur autre chose que la haine et la violence. Cette manifestation fédère les gens. "Clap Ivoire" n'est plus un événement de la Côte d'Ivoire, c'est un événement sous-régional.

Quel impact sur le cinéma ivoirien ?

"Clap Ivoire" a sonné l'engouement des jeunes pour les métiers du cinéma. Beaucoup d'entre eux aujourd'hui, veulent devenir des cinéastes. Vous avez vu le nombre important qui a participé aux ateliers de formation tenus pendant le Festival. Et, c'est cela l'essentiel.
Si dans chaque pays de l'Uemoa, nous pouvons avoir une génération de jeunes qui s'intéresse au cinéma à cause de "Clap Ivoire" ou à travers d'autres événements, c'est un plus pour tous. Notre souci est de faire en sorte que des jeunes s'intéressent au cinéma. "Clap Ivoire" vise la jeune génération de cinéastes qui va relever les défis. Il ne faut pas que nous attendions les résultats de nos efforts aujourd'hui, c'est un travail de longue haleine, il faut les encadrer.

Les feuilletons ivoiriens ont fini de faire le tour de l'Afrique. Ces films ne constituent-ils pas une certaine industrie du cinéma ivoirien ?

C'est justement l'arbre qui cache la forêt. Les acteurs et réalisatrices de ces films que je connais personnellement car étant des amis, sont des gens qui se débrouillent tout seul. Malheureusement, ils sont seuls derrière tout ce monde qui veut réussir dans le métier. Ils n'ont fait aucune école de cinéma, mais ils croient et s'investissent dans ce métier. Le drame de l'Afrique, est qu'il n'existe pas beaucoup de personnes qui croient en ce qu'elles font. Ces personnes qui font les séries télévisées, sont des jeunes filles analphabètes pour la plupart et qui ont réussi ce pari. Et en plus, vous ne savez même pas les difficultés qu'elles rencontrent dans leur propre pays pour se faire programmer. Elles ont du succès à l'extérieur, mais pas chez soi. Peut-être qu'en ajoutant tous ces ingrédients, on parlera d'industrie de cinéma en Afrique.

Que faut-il faire pour que le cinéma africain retrouve son lustre d'antan ?

Si j'avais la réponse à votre question, peut-être que le cinéma africain ne serait pas là aujourd'hui. Nous avons discuté cette année de la réglementation en matière d'audiovisuelle dans les différents pays de l'Uemoa. Parce que lorsqu'on discute avec les professionnels du secteur, ils soulèvent divers problèmes : financement de la production, désorganisation de la profession, mais rarement les gens ont posé le problème de la réglementation. Cela paraît primordial, parce qu'on peut engloutir des milliards dans le cinéma, mais si la réglementation n'est pas mise en place, c'est comme si l'on jetait de l'argent par la fenêtre. Cet argent va atterrir dans le désordre, dans la pagaille, et nous n'aurons pas l'impact souhaité. C'est pourquoi procéder autrement, c'est mettre la charrue avant les bœufs. Il faut asseoir une réglementation même si nous n'avons pas encore une véritable industrie cinématographie. Une fois que les choses seront clairement mises en place, cela peut attirer les investisseurs. Car un homme d'affaires avisé ne mettra pas son argent dans un cadre non réglementé.

Vous voulez-vous dire que le salut du cinéma africain réside dans l'harmonisation de la réglementation ?

C'est une des pistes du salut. Nous ne pouvons pas dire qu'il y a une seule voie du salut. Il faut harmoniser parce que prétendre lutter isolément, aucun pays ne peut s'en sortir en matière de culture d'une façon générale et en particulier pour le cinéma. Car, nous n'avons pas les marchés qu'il faut, et même si nous les avons, nous devons nous étendre aux marchés des pays voisins. Nous avons la chance d'être au sein d'une communauté économique qui existe, il faut en profiter. Il faut fédérer les efforts pour créer une synergie et, à travers celle-ci, bénéficier d'une économie d'échelle.

Ne faudrait-il pas combattre ensemble la piraterie qui empêche cette industrie de décoller ?

C'est un préalable. Et la façon dont ce phénomène de la piraterie est traité dans nos Etats, atteste de ce que la culture n'est pas une priorité pour nos autorités. Quand les Etats veulent lutter contre la drogue, ils créent une police de lutte contre la drogue, mais dans aucun Etat, des dispositions spéciales ne sont prises pour lutter contre la piraterie. C'est des sociétés d'auteurs qui s'activent pour cela, alors que ce n'est pas leur travail. C'est un problème qui est là, nous essayons d'y faire face parce qu'il existe. C'est parce que nous croyons à la culture que nous devons défendre les intérêts des créateurs. Il y a un manque de volonté politique de la part des dirigeants africains. Dès que l'on parle de culture, tout le monde est frileux ou totalement absent.

Dans certains pays comme le Sénégal, il existe des Festivals de cinéma comme le Festival des films de quartiers, le Festival Images et vie, etc. Pourquoi ne pas fédérer ces différentes manifestations pour atteindre vos objectifs ?

Ce serait une très bonne chose. Mais même si nous ne fédérons pas, que nous ayons des contacts. De manière que nous fassions, ne serait-ce qu'une programmation rationnelle. Nous pouvons aussi échanger des informations. C'est tout cela la synergie, créer un réseau d'informations au sein de l'Uemoa. C'est tout cela qui nous manque.

Propos recueillis
par Fatou Kiné Sène

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