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rédacteur
Georges Nzuzi
publié le
23/05/2007
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Télévision et cinéma en RD Congo. Est-ce une relation de dupes ?
Dossier Africiné N°3 : Cinéma et télévision
La télévision et le cinéma, deux principaux canaux dans le domaine de l'art visuel par lesquels passent le message approprié pour la transformation d'une société. Ils reflètent l'identité d'un peuple. Ils font miroiter et embellir l'intérieur de l'homme et font vivre les réalités, autour des êtres d'une communauté donnée ou de la planète terre.

Il se développe une relation entre les personnes et leur environnement. Ce regard croisé facilite un apprentissage des habitudes et relance le débat face au problème posé.
Les analyses et lectures sensibilisent et/ou favorisent l'épanouissement intellectuel, moral et physique de l'individu sur qui le message est destiné.
L'orientation des faits, est l'objet d'une pédagogie bien appliquée et élaborée, partant des grilles de programme.
Face au progrès technologique, allant à l'installation pour la première fois de la télévision, vers les années 1964 en République Démocratique du Congo (RDC), et la mise en onde des émissions télévisées, les populations ont ressenti une lueur d'espoir, un désir de découvrir.
La stratégie du missionnaire de l'époque, d'implanter les médias mobiles et publics, à savoir la radio, la télévision et le cinéma sur des lieux de grandes agglomérations du pays créèrent des cercles socioculturels où les gens pouvaient bien apprendre et échanger. Les cadres formés dans des écoles missionnaires de l'époque savent bien maîtriser ce nouvel outil de travail, garantissant ainsi la promotion de l'éducation et la culture de masse.
La libéralisation des médias survenue à l'annonce de la démocratie le 24 avril constate Guido Convens (Afrika film festival) dans "l'Image et Démocratie" vient assouvir la soif de tout un peuple habitué à la monotonie sur le plan visuel. La censure de rigueur, durant la deuxième République congolaise a fait ses preuves. A savoir une cohérence culturelle, qui épargna la nation de l'acculturation.
Au delà de la règle déontologique qui des fois n'était pas professionnelle suite à des censures et au manque d'expression libre ; on retiendra la moralité qui défia à la dépravation des mœurs, des émissions culturelles et éducatives mises en place dans l'espace médiatique figurent parmi les points positifs du régime Mobutu. Mais par l'absence d'une politique culturelle adéquate, la RD Congo a sombré dans la promotion, la protection et la production audiovisuelle en général, cinématographique en particulier. Les créateurs hormis, ceux vivant à l'étranger se lancent dans la débrouillardise pour réaliser les œuvres audiovisuels avec les moyens de bord. Cependant, on constate l'absence du cinéma congolais dans des grandes rencontres cinématographiques et autres. Nous citerons à titre d'exemple le Festival de Cannes, les Journées cinématographiques de Carthage… Ce ne sont pas les artistes et/ou opérateurs culturels qui manquent à la RD Congo mais une politique qui doit garantir la survie de cet art. Il revient à l'État congolais de s'investir dans la relance de cette industrie et l'espace audiovisuel en général car la télévision et le cinéma sont des instruments qui coûtent chers. Une affaire de grands et de gros sous dira-t-on.

La prolifération des chaînes de télévision, des cinémas de fortune et de la vidéo a fait disparaître les salles de cinéma dont la plupart ont été transformées en églises, laissant ainsi libre cours à l'implantation des œuvres filmiques de qualité médiocre.

Que diffusent la trentaine de télévisions congolaises ?

Faute de moyens, de bonnes grilles de programme ainsi que d'animateurs compétents, certaines chaînes de télévision font de l'amalgame ou de touche à tout. Pas de créativité, sinon des copies conformes. Un aspect qui désactive le téléspectateur et le désoriente.
Autre constat, les opérateurs de média se dérobent de leurs missions, le charme et la liberté d'expression des professionnels des arts visuels ne séduisent guère les consommateurs de produits diffusés en longueur de la journée. Le cinéma à son tour, sensé apporter les nouvelles connaissances à la population est resté comme un véhicule sans maître à bord moins encore, une gâchette prête à se déclencher dans une société débordée par les évènements. Tout ce que l'on diffuse propage et accentue la dépravation des mœurs. On constatera aussi avec regret des programmes inachevés, tout cela dégoûte les téléspectateurs.
Le pouvoir public qui a la mission de conduire, de protéger et d'éduquer son peuple s'emploie à la paupérisation de ce dernier. La toute première politique culturelle élaborée, lors des États généraux de la culture et des arts, en juin 2006, souffre de non-promulgation et d'application suite au courant politique. Resta-t-elle lettre morte ?
Le peuple dans le "Qui-Vive" est emporté par la crise de légitimité. Dépassée par les évènements, la population congolaise croit trouver solution à ses problèmes aux programmes de télévisions, à l'aide des films nigérian et séries télévisées ivoiriennes : "Ma Famille" au détriment des télédramatiques congolaises. Passant ainsi des longues journées devant le poste de télévision. Le plus souvent ces films (nigérians pour l'essentiel) abordent des sujets ayant trait à la sorcellerie, à l'amour et à la violence.
Peu sont les téléspectateurs qui arrivent à bien cerner et critiquer les faits, tirer les leçons et les conséquences qui découlent des projections cinématographiques à la télévision. Ceux qui se déplacent vers les quelques salles de cinéma, y vont souvent pour des films érotiques et pornographiques.
La télévision et le cinéma deviennent donc pour le Congo l'opium du peuple dont parlait Karl Marx. Des efforts sont pourtant menés pour relever, un tant soi peu, le cinéma au pays ; en réhabilitant les infrastructures, en encourageant la productivité et la mise en valeur des potentialités et des ressources locales pour le bien être de la population.
Les organisations indépendante qui prennent corps, telles que l'association congolaise de critique cinématographique, l'association Kabola film, l'association des régisseurs du sud, Focus développement africa, Studio international de production Audiovisuelle… constituent un vent nouveau pour la relance du cinéma tant sur le plan national qu'international. De quel cinéma renaîtra une "troisième république congolaise" prospère et digne des vertus morales…

Georges NZUZI SALAMBIAKU
La Vapeur/ACCC

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