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rédacteur
Michel Amarger
publié le
04/05/2015
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Michel Amarger (revue Africiné)


Alain Choquart, réalisateur français


Scène du film


Scène du film


Scène du film




Scène du film


Scène du film


Scène du film


Scène du film


Scène du film, avec Sibongile Mbambo


Alain Choquart, à la caméra




Revue Africiné, Le Leader Mondial (Cinémas africains & Diaspora)

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Ladygrey
Cohabiter en Afrique du Sud
LM Fiction de Alain Choquart, France / Afrique du Sud / Belgique, 2014
Sortie France : 6 mai 2015

Les coproductions françaises avec l'Afrique du Sud sont encore rares, malgré l'implication dynamique de cet État dans la gestion du cinéma. La diffusion de Ladygrey de Alain Choquart peut encourager plus d'auteurs français exigeants, à profiter des somptueux paysages du pays. Le réalisateur, connu comme un chef opérateur réputé, a découvert l'Afrique du Sud en 1999, pour cadrer Boesman and Lena, le dernier film de John Berry d'après Athold Fugard. Professionnel fameux, élevé en banlieue parisienne, Alain Choquart milite adolescent, contre l'apartheid en soutenant l'action de Nelson Mandela. Lorsqu'il envisage de tourner un film adapté de deux romans de Hubert Mingarelli, Une rivière verte et silencieuse et La dernière neige, il travaille trois ans un scénario, voyageant de France en Afrique du Sud. Laurence Coriat qui a coécrit des films avec Michal Winterbottom, accentue avec lui, le côté visuel de Ladygrey.

L'histoire se déroule dans une mission française, au pied des montagnes de Drakensberg, dix ans après la fin de l'apartheid. Angus, un Afrikaner au passé violent, est un des leaders de la communauté. Sa femme, Olive, est une infirmière effacée et insatisfaite. Elle soigne Henri, un vieux docteur français, grabataire, qui a perdu sa femme, et sert de repère à son fils Mattis, simple d'esprit. Une jeune fille, métisse, adoptée par Henri, vit avec eux et paie les soins en faisant des passes dans le coin. Parmi ses clients, Angus, l'Afrikaner, entretient avec elle des rapports ambigus. Samuel, un autre Blanc, a perdu lui aussi sa femme. Il élève seul son fils, Waldo, en éprouvant une attirance, réciproque, pour Olive, la femme de Angus. Tous ces personnages sont marqués par un drame, survenu quelques années plus tôt, lorsqu'une révolte des habitants noirs a été réprimée dans le sang par les miliciens locaux. Les corps des professeurs, des enfants de l'école du township, ont été enterrés et cachés aux yeux de tous.



L'atmosphère développée par les romans du Français Hubert Mingarelli, prend le pas sur l'intrigue. "L'absence, des rencontres dans des pays en guerre, des destins au détour de petits évènements de la vie, la présence permanente de la nature, l'homme au cœur de sa condition… Ce sont des thèmes qui me touchent", confie Alain Choquart. Il choisit d'installer un climat oppressant, basé sur un hors champs pesant. "Je voulais un arrière plan historique puissant et traumatisant qui soit la "clé" des silences, de la culpabilité, des absences", indique-t-il. "J'avais aussi envie de confronter les personnages à un environnement grandiose. L'Afrique du Sud rurale au pied du Drakensberg remplissait ces deux conditions." Ses observations sont étayées par un long périple dans la région où le réalisateur a rencontré des paysans, des éleveurs, des pasteurs, des habitants de townships, pour donner de la véracité au lourd passé évoqué dans le film.

"Tout ce qui est dit dans Ladygrey s'inspire de faits réels que j'ai regroupés dans un récit aussi complexe que l'histoire de l'Afrique du Sud elle-même", commente Alain Choquart qui prend beaucoup de temps pour installer la trame du film et situer ses enjeux, au risque de diluer l'attention. "Le spectateur devait découvrir les personnages comme quand on arrive sans prévenir au sein d'une communauté et qu'on comprend petit à petit les liens qui relient les uns aux autres", reconnaît le cinéaste. Les convulsions de sentiments semblent alors soumises au poids du destin qui les inscrit dans l'immensité des paysages. "On voit les personnages évoluer dans un environnement incroyablement beau et gigantesque mais ils ne le regardent pas", souligne Alain Choquart. "Pour eux, il est là, ce n'est qu'un fait." Des comédiens européens francophones tels Claude Rich, Jérémie Renier, dialoguent avec des Anglophones comme Peter Sarsgaard, Emily Mortimer, vus chez Woody Allen, ou Liam Cunningham, aux côtés de Sibongile Mlambo et des seconds rôles sud-africains.

Pour cadrer ce casting cosmopolite, comme la production, le réalisateur français fait appel au chef opérateur néo-zélandais Nigel Bluck et à une équipe de techniciens sud-africains rodés. Les scènes sont réparties sur quatre espaces, distants de 500 kilomètres, unies par le montage de Pierre Haberer. Les musiques répétitives de Peter von Poehl, conçues comme des lignes mélodiques, se chevauchent et s'assemblent jusqu'à la chanson finale, Side by Side, interprétée par Marie Modiano. Autour d'un couple qui se redéfinit, d'un enfant qui se libère de la mémoire blessée de son père, d'une femme qui s'affirme, la mort, le désir, le racisme, la tension d'une communauté déchirée par l'apartheid, la culpabilité, s'évacuent. "Quoique très spécifiquement associé à l'Afrique du Sud, le film pose une question qui se pose dans toutes nos sociétés : comment vivre ensemble ?", estime Alain Choquart. L'interrogation reste suspendue aux lueurs relatives de Ladygrey.

Vu par Michel AMARGER
(Afrimages / RFI / Médias France),
pour Africiné

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